Un vaste rassemblement régional s’est tenu le 19 octobre, à Alma. Sylvain Maltais et Alain Gagnon avaient notamment pris la parole.
Un vaste rassemblement régional s’est tenu le 19 octobre, à Alma. Sylvain Maltais et Alain Gagnon avaient notamment pris la parole.

Les syndicats relancent la mobilisation

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
La pause des Fêtes étant terminée, le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma (STAA-Métallos) et le Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA-Unifor) reprennent les activités pour mobiliser la région afin qu’elle réclame des mesures concrètes du gouvernement fédéral pour la protection de l’aluminium québécois dans le cadre de la signature de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM).

Dans la foulée du rassemblement tenu à Alma le 19 décembre, lequel a réuni syndicats de l’aluminium, préfets et maires au Complexe Jacques-Gagnon d’Alma, le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Sylvain Maltais, affirme que les actions visant à mettre de la pression sur le gouvernement fédéral en faveur d’une meilleure protection des emplois dans l’industrie se poursuivront.

« Il y a eu des propositions faites par des certaines personnes pour nous supporter. On va continuer de travailler avec le comité mis en place, qui n’a pas encore de nom, mais il n’y a pas de rencontre de prévue », explique M. Maltais.

Ce dernier ajoute que des démarches ont été faites avec la députation régionale du Bloc québécois et le député caquiste Éric Girard afin de donner des informations de base sur les dossiers en cours, dont le centre de production d’anodes, le centre de coulée et la phase 2 d’expansion de l’Usine Alma. Ces rencontres étaient préparatoires à la rentrée parlementaire à Ottawa, qui aura lieu le 27 janvier.


« On sait que ce sera difficile de retourner la situation de bord, mais ça prend un engagement de la part du gouvernement. »
Sylvain Maltais

Après avoir eu des discussions avec les ministres Pablo Rodriguez et Chrystia Freeland avant les Fêtes, M. Maltais soutient que les libéraux ne souhaitent pas trop de soulèvements autour de l’ACÉUM. « Il y a une certaine inquiétude au niveau du gouvernement libéral. On sait que ce sera difficile de retourner la situation de bord, mais ça prend un engagement de la part du gouvernement », affirme-t-il.

Le contexte politique canadien actuel avec le gouvernement libéral minoritaire, le fait que le Parti conservateur soit à la recherche d’un chef et les questionnements sur l’ACÉUM aux États-Unis et au Mexique laissent peut-être une porte entrouverte pour la protection de l’aluminium canadien, soutient-il.

SNEAA-Unifor

Du côté du SNEAA-Unifor, le président Alain Gagnon promet de maintenir le cap tant que le fédéral n’annoncera pas de garanties de protection de l’industrie de l’aluminium. « On ne veut pas de signature du nouveau traité avec ces conditions. On va repartir la mobilisation. On a discuté avec le député Mario Simard pour réactiver le dossier. Il ne faut pas que ça meure dans l’œuf et il n’y aura pas de “brake” », dit-il.

Il n’est pas question, selon lui, d’avaler la salade du gouvernement canadien, qui tente de faire croire que l’accord n’est pas si pire pour l’économie du Québec.

Selon lui, la grogne commence également du côté du Mexique, qui trouve que les Américains en mènent trop large dans la production de pièces d’automobiles.

L’ACÉUM prévoit que 70 % des pièces automobiles contenant de l’aluminium doivent provenir de la zone nord-américaine pour qu’un véhicule soit exempt de tarifs douaniers. Selon l’interprétation syndicale, il suffira que de l’aluminium provenant d’un autre continent soit fondu et transformé dans un des trois pays signataires de l’ACÉUM pour que le tout soit conforme au traité.