Le président de la FIM-CSN, Mathieu Lafleur, le président du Syndicat national des travailleuses et travailleurs des pâtes et papiers d'Alma, Jean-Pierre Lebel, et le président de la CSN régionale, Engelbert Cottenoir, demandent à Greenpeace de retirer une pétition qui aurait des impacts négatifs à Alma.

Les syndicats de PFR Alma en colère contre Greenpeace

Les travailleurs de l'usine de pâtes et papiers de Produits forestiers Résolu (PFR) d'Alma seront les premiers touchés si l'organisme Greenpeace continue à faire pression sur les auteurs, imprimeurs et maisons d'édition pour qu'ils n'impriment plus sur du « papier book ». C'est du moins l'opinion des syndicats de l'usine.
Réunis en conférence de presse mercredi matin à Alma, le président du Syndicat national des travailleuses et travailleurs des pâtes et papiers d'Alma, Jean-Pierre Lebel, le président de la CSN régionale, Engelbert Cottenoir, et le président de la FIM-CSN, Mathieu Lafleur, ont dénoncé cette tactique de Greenpeace.
Selon eux, il s'agit d'une stratégie de l'organisme pour que PFR abandonne sa poursuite de 300 M $ pour diffamation, intentée l'an dernier contre le groupe environnemental.
« Habituellement, quand on se trouve dans le domaine juridique, on s'attend à des réponses juridiques. Mais dans cette situation-là, Greenpeace a mis en ligne une pétition qui attaque directement les travailleurs de la région, et particulièrement ceux d'Alma. C'est devenu nécessaire de réagir à cette autre attaque contre notre région », mentionne M. Cottenoir.
D'après Jean-Pierre Lebel, la seule usine et les seuls travailleurs qui seront touchés si Greenpeace poursuit ses pressions seront ceux d'Alma. En effet, la campagne vise le « papier book » fait à partir de la forêt boréale et Alma est le seul endroit où on en produit. « On pourrait perdre un maximum de 85 000 tonnes. C'est une situation assez critique. Je ne pense pas que Greenpeace se soucie des travailleurs et travailleuses de la région dans ce dossier », estime M. Lebel.
Il ajoute qu'il ne sait pas comment l'usine pourrait s'en sortir, si la pétition a les effets voulus par l'organisme environnemental. Selon lui, 280 travailleurs pourraient perdre leur emploi. La maison d'édition Hachette, un client de PFR, a montré son accord avec Greenpeace, et demande du papier « plus vert que vert », d'après Jean-Pierre Lebel.
« C'est clair que Hachette a acheté dans l'argumentaire de Greenpeace. Hachette a décidé de resserrer la vis pour le moment, mais si l'entreprise décide de résilier totalement le contrat, ça pourrait avoir un gros impact sur les autres clients de PFR. Ça ouvre la porte à une problématique », raconte Mathieu Lafleur.
Le président du FMI-CSN ajoute que les syndicats ont tenté de rejoindre Greenpeace pour leur faire part de leur crainte, sans succès. « Quand on essaie de les contacter, on n'a aucune nouvelle, mentionne M. Lafleur. Ils nous disent que s'il y a des dommages collatéraux, il y aura des dommages collatéraux. C'est ce qu'on déplore. »
« On demande à Greenpeace de revoir leur position, de retirer la pétition, et de revoir leur position par rapport à la poursuite judiciaire de PFR. Il doit y avoir un dialogue entre les deux et ça ne passera pas par des attaques », conclut le président du FIM-CSN.