L’immeuble et la chapelle des Servantes du Très Saint-Sacrement a fait l’objet d’une offre d’achat de 1,2 M$ de la part de l’Office municipal d’habitation de Saguenay, une offre qui a été refusée.
L’immeuble et la chapelle des Servantes du Très Saint-Sacrement a fait l’objet d’une offre d’achat de 1,2 M$ de la part de l’Office municipal d’habitation de Saguenay, une offre qui a été refusée.

Les soeurs refusent une offre d’achat de la Maison des sans-abri

Face au refus en octobre dernier d’une offre d’achat de 1,2 M$ déposée par l’Office municipal d’habitation (OMH) auprès des membres de la communauté des Servantes du Très Saint-Sacrement pour l’acquisition de leur immeuble situé dans le centre-ville, la Maison des sans-abri de Chicoutimi fait une croix sur le projet d’y installer ses pénates. Son coordonnateur, Michel St-Gelais, attend les évaluations réalisées pour la rénovation de l’immeuble actuel.

Après des années de tergiversations qui s’étirent depuis 1996, à l’époque de Mgr Jean-Guy Couture, le dossier de la mise en vente du cloître a bougé l’automne dernier alors que la communauté de sœurs contemplatives a décidé de mettre fin à la vente de leur immeuble cinq ans après avoir confié un mandat à l’agente d’immeuble Hélène Talbot. Selon elle, plusieurs groupes ont démontré de l’intérêt, sauf que pendant ce délai, la communauté s’est enrichie de six nouvelles membres provenant du Vietnam, ce qui a permis d’augmenter l’achalandage des lieux au niveau de l’hôtellerie, de l’offre de repas, etc. Cette hausse de fréquentation correspond avec la vente du Foyer Val-Racine.

Mme Talbot convient que la vente d’un tel édifice religieux et de sa chapelle n’est pas facile même s’ils sont relativement en bon état, puisqu’un investisseur privé devrait débourser 120 000 $ en taxes municipales annuelles, alors que la congrégation religieuse bénéficie de plusieurs exemptions sur le plan fiscal.

En octobre dernier, le bureau de la députée et ministre responsable de l’Habitation, Andrée Laforest, est intervenu dans le dossier afin que l’Office municipal d’habitation procède à l’acquisition, mais aucune transaction n’a eu lieu puisque l’édifice n’est plus à vendre, selon M. St-Gelais.

L'édifice des Soeurs du St Sacrement

En entrevue, Michel St-Gelais explique que ce refus ne met pas la Maison des sans-abri dans l’eau chaude , d’autant plus qu’il n’est pas certain que l’immeuble aurait répondu aux besoins de sa clientèle, puisque c’est une option qui n’a pas été beaucoup réfléchie. « Je ne suis pas là pour dire qu’on est plus importants que la prière. Est-ce qu’on peut revenir à la base et essayer d’avoir des options ? », interroge le coordonnateur.

Conscient que la ministre voulait aider la Maison des sans-abri, M. St-Gelais considère que les aspects de la sécurité des lieux, de l’environnement et du bien-être des personnes logées doivent être étudiés en collaboration avec l’OMH.

Cet organisme a d’ailleurs procédé à l’étude de l’état de situation de l’immeuble de la rue Lafontaine afin d’évaluer quels seraient les coûts d’une rénovation. Le dévoilement des résultats se fait attendre. « Si on parle d’un montant de 2,5 M$, on est aussi bien d’aller voir ailleurs », commente-t-il.

Le bureau de la ministre Laforest, les élus de Saguenay et la Fondation Mgr Léonce-Bouchard continuent de s’impliquer dans le dossier, même s’il admet que tout est moins spectaculaire qu’une annonce d’achat.

M. St-Gelais conclut que le dossier de la relocalisation de la Maison des sans-abri ou de sa rénovation mérite une planification minutieuse, puisqu’il n’est pas question d’organiser deux collectes de fonds. « On va passer l’hiver et on va s’asseoir pour se donner jusqu’à l’automne 2020 pour monter le projet ».

La Maison des sans-abri de Chicoutimi dispose de 25 places et de cinq places supplémentaires lors de débordements. Autant du côté du bureau de Mme Laforest que de l’OMH, il n’a pas été possible d’obtenir de retours d’appel.