Lors de leur voyage en Europe, Éric Dubé et Caroline Fradette ont constaté que la production de concombre en serres est trois fois plus efficace qu'au Québec. Ils ont revu la technologie à utiliser.

Les Serres Toundra choisissent leur énergie

Le projet des Serres Toundra n'utilisera pas la vapeur de l'usine de pâte de Saint-Félicien de Produits forestiers Résolu pour chauffer ses installations. Les promoteurs se tournent vers une technologie européenne beaucoup plus efficace qui se sert du gaz naturel et de l'électricité.
«En Europe, ils sont trente ans en avance sur le Québec. Lors de notre visite, on s'est rendu compte qu'il fallait se tourner vers le gaz naturel et l'électricité pour nos serres et opter pour leurs technologies. Le retour sur l'investissement se trouvait trop élevé avec la vapeur de l'usine. De plus, la constance de l'approvisionnement représentait une inquiétude», explique le président Éric Dubé.
De retour d'un voyage en Europe, Dubé et la vice-présidente Caroline Fradette ont revu leur projet de 100M$ pour le faire à l'image de la technologie de pointe européenne.
«Nous avons visité d'immenses complexes de serres de concombres et d'autres légumes en Hollande et nous avons vite compris qu'il fallait avoir un gros projet de cette envergure pour réussir dans ce domaine afin de répondre aux exigences des marchés d'alimentation», mentionne Caroline Fradette.
L'entreprise a donc embauché des consultants de la Hollande pour élaborer toute la structure du complexe de serres. Les systèmes de lumière européens fournissent le tiers de l'énergie pour chauffer la serre. Les verres utilisés et la structure des installations sont très performants et permettent de produire à l'année, même en hiver, grâce à un grand rendement énergétique. Un système informatique sophistiqué connecté à l'Europe veillera au bon fonctionnement de la production. Des robots transporteront les concombres à l'aire d'expédition.
Pour s'assurer de la réussite de leur projet, les promoteurs ont engagé un chef de culture provenant de la Russie. «C'est la pièce maîtresse du complexe. Ça prend une personne ultra compétente et il n'y en a pas au Québec pour des serres de cette ampleur avec la technologie que nous allons utiliser », mentionne Éric Dubé.
Pour réussir à compétitionner avec les grands joueurs mondiaux, le futur site de serres devra avoir un rendement optimal. Éric Dubé donne l'exemple de la Finlande qui, avec un climat semblable au Québec, réussit à obtenir un rendement de 500 concombres au mètre carré comparé à 120 au Québec. L'entreprise veut donc atteindre un rendement qui se démarque de la moyenne québécoise.