Les restaurateurs ont pu s’informer auprès de producteurs locaux offrant des produits uniques.

Les saveurs régionales à l’honneur

Les restaurateurs et hôteliers de la région membres de l’Association Restauration Québec (ARQ) ont pu échanger et déguster les produits d’une cinquantaine de producteurs agroalimentaires, dont 16 de la région, mardi après-midi, à l’occasion de la troisième édition du Salon ARQ Contacts Saguenay-Lac-Saint-Jean tenu à l’Hôtel Le Montagnais.

Les gens d’affaires, cuisiniers, gestionnaires présents ont pu échanger sur diverses méthodes d’élaboration d’aliments et déguster certains produits ordinaux élaborés selon des recettes bien à eux.

C’est le cas pour la jeune entreprise Ail du moulin, de Saint-Fulgence, fondée par François Thibeault, qui a élaboré une méthode de transformation destinée à la production de l’ail noir, au goût très particulier.

En tout, 16 entreprises régionales sur les 50 présentes ont pu mettre en valeur les saveurs de leur coins de pays. Plusieurs stands renfermaient ainsi une variété de trésors culinaires à découvrir issus de plusieurs producteurs régionaux comme la Coopérative Leblanchignon, L’érablière chez les filles du cap bleu, Ferme Olac, Elojia Café, et autres ou encore de grandes chaînes de distribution.

En entrevue, François Meunier, vice-président Affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ, mentionne que l’industrie de la restauration québécoise est constamment à la recherche d’originalité gastronomique.

Cette originalité est possiblement liée au fait que le secteur de la restauration québécois a connu une seconde année de croissance de 2,5 % de son chiffre d’affaires en 2018. La hausse du revenu disponible, la bonne santé économique de la province avec un taux de chômage de 6 % ainsi qu’une bonne performance touristique enregistrée ont contribué à la croissance.

Parmi les grands obstacles qui se dressent à la croissance, M. Meunier cite la fameuse pénurie de main-d’œuvre qui fait en sorte que des restaurateurs doivent limiter les heures d’ouverture, fermer certains jours ou encore s’empêcher de prendre de l’expansion. M. Meunier affirme qu’il manque 14 000 personnes dans l’industrie.

Face à la situation, l’ARQ soutient que diverses solutions doivent être mises en application pour combler les besoins. Selon lui, l’une des premières conditions à remplir est l’élaboration de politiques publiques visant, entre autres, à déplacer la rentrée scolaire des étudiants de cégeps.

« Faire entrer les étudiants au Cégep à la mi-août alors qu’on est en pleine période touristique, ça n’a pas de bon sens. Le mois d’août est devenu la période la plus achalandée. Ici, à La Baie, la rentrée collégiale est effectuée alors que la venue de 73 % des bateaux de croisière se fait après la mi-août. On devrait au moins harmoniser la rentrée collégiale avec celle des universités. »

L’immigration constitue une autre avenue, sauf que les délais pour attirer cette main-d’œuvre sont très longs, laborieux et coûteux. « C’est devenu une question de survie, sauf que très de choses bougent. Le fédéral va en élection et la pédale est sur le frein », déclare M. Meunier.

Prix chapeau

La tenue du salon a été l’occasion de rendre hommage aux restaurateurs Maxence Raymond et Bénédict Morin qui, en mars 2010, se sont lancés dans l’aventure gastronomique avec la fondation du Bistro Café Summum à La Baie. Les deux associés se sont vus remettre le Prix Chapeau restaurateur régional pour la philosophie qu’ils ont développée au chapitre de la créativité, de l’engagement et du dépassement ainsi que pour leur implication au sein de la collectivité de par leur bénévolat ou les dons de repas.