Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
L’économiste Marc-Urbain Proulx estime que Saguenay doit se mettre pour de bon au démarchage industriel professionnel afin d’identifier les occasions de développement dans de nouveaux créneaux économiques.
L’économiste Marc-Urbain Proulx estime que Saguenay doit se mettre pour de bon au démarchage industriel professionnel afin d’identifier les occasions de développement dans de nouveaux créneaux économiques.

Les résultats de la fusion se font attendre, tranche Marc-Urbain Proulx

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Article réservé aux abonnés
L’économiste Marc-Urbain Proulx en arrive à la conclusion que la création de la ville unifiée de Saguenay il y a 20 ans n’a pas encore permis de créer les conditions essentielles pour éviter le déclin démographique régional et sortir du contre-cycle économique dans lequel nous sommes depuis le début des années 1980.

Le professeur de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), qui analyse dans ses moindres recoins l’économie régionale depuis les 40 dernières années, a résumé devant la section jeunesse de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF) un rapide retour historique sur le développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le constat des démographes est assez simple, puisqu’ils projettent une population de 250 000 habitants en 2050 alors qu’elle est en ce moment de 270 000 individus.

Ces chiffres, suivant les propos de l’économiste, représentent en même temps le déclin de l’emploi dans le secteur manufacturier, qui découle de l’automatisation dans les usines et des fermetures qui surviennent en raison des cycles économiques. Marc-Urbain Proulx n’a pas de recette miracle pour renverser la tendance à la décroissance, mais considère qu’il est temps de « mieux travailler ensemble » en identifiant des secteurs avec des potentiels intéressants de développement pour les prochaines années.

Marc-Urbain Proulx place le rôle de Saguenay comme entité au centre de ce que devrait être la région en termes d’influence dans une économie moderne. Sur le plan de l’organisation, ce dernier constate que la Ville se cherche toujours alors qu’elle doit trouver son identité avec 11 centres historiques et trois arrondissements. Marc-Urbain Proulx a surtout concentré son questionnement sur le bilan économique de la nouvelle ville, puisque dès 1969, le pôle Saguenay était identifié comme étant un levier essentiel pour générer de la croissance dans la région.


« On peut demander à des spécialistes de la prospection de regarder ce que nous faisons et de nous dire ce que nous faisons de bien ou ce que nous devons améliorer. »
Marc-Urbain Proulx

Le grand secteur de l’aluminium, qui a constitué le berceau industriel de la région, ne joue plus ce rôle depuis de nombreuses années. Selon l’économiste, les chiffres sont impressionnants, puisque l’entreprise produit en ce moment 1,3 million de tonnes de métal de première coulée avec de moins en moins de travailleurs dans les installations. Les emplois manufacturiers ont dans plusieurs cas été remplacés par des emplois dans des secteurs offrant des salaires moins élevés.

« Il faut mettre le monde ensemble », a martelé le conférencier à plusieurs reprises. Ce qui signifie aussi une unification nécessaire de tout le secteur de la prospection industrielle afin de bien identifier les projets qui auraient des chances de se réaliser. Cette unification ne va pas sans un exercice complet de questionnement sur nos façons de faire.

« On peut demander à des spécialistes de la prospection de regarder ce que nous faisons et de nous dire ce que nous faisons de bien ou ce que nous devons améliorer », a expliqué Marc-Urbain Proulx. Il croit aussi en l’importance de revoir et d’analyser ce que nous avons fait avec la Vallée de l’aluminium depuis sa création alors que la région voulait devenir une nouvelle « Silicone Valley » du métal gris.

De nouveaux secteurs à développer

L’économiste identifie des secteurs de développement qui pourraient contribuer à cette nouvelle phase de croissance dans la région. Il parle de l’industrie des énergies renouvelables, qui émerge un peu partout avec la croissance de la demande. L’autre secteur est celui de la recherche et développement et de tout le domaine des entreprises de pointe, incluant celle des services spécialisés.

Quant au Plan nord, l’économiste croit qu’il est temps d’offrir aux travailleurs qui occupent les emplois dans les campements miniers de venir s’établir dans la région. Il croit que Saguenay a tous les avantages pour convaincre un travailleur qu’il a intérêt à s’établir dans la région quand il doit se déplacer dans le nord pour travailler et revenir à la maison. Saguenay deviendrait ainsi un pôle d’accueil pour ces centaines de travailleurs.

Tout en invitant les acteurs du secteur du développement économique à une plus grande introspection, le chercheur plaide pour une vision plus régionale de l’économie. Certains chiffres démontrent que la région a de la marge de manoeuvre. Les producteurs laitiers produisent 160 millions de litres de lait par année. Les usines de la région ne transforment que 60 millions de litres.

S’allier à la Côte-Nord

M. Proulx a d’autre part recommandé aux décideurs de la région de former une alliance avec la Côte-Nord. Il croit désormais pertinent d’établir un front commun afin d’obliger le gouvernement du Québec à choisir un site dans la région ou sur la Côte-Nord pour le prochain projet d’aluminerie. Le professeur de l’UQAC est persuadé que le gouvernement pourrait très bien décider de construire une aluminerie dans l’est de la métropole qui a aujourd’hui les réseaux de transport d’énergie pour alimenter une usine.

Au cours d’un entretien avec Le Quotidien après la conférence, Marc-Urbain Poulx a ajouté que les discussions avec la Côte-Nord devaient aussi porter sur le projet de voie ferrée, dont le tracé passe par Dolbeau-Mistassini pour prendre la direction de Baie-Comeau. Selon l’économiste, ce projet ne doit pas âtre vu comme un élément négatif pour le développement économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.