La directrice générale de l’ARIHQ, Johanne Pratte, a rencontré les gestionnaires des ressources intermédiaires de la région, mercredi, dans le cadre d’une tournée nationale.

Les ressources intermédiaires réclament de meilleures conditions

L’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) réclame des conditions de travail « décentes et équitables » pour les préposés aux bénéficiaires œuvrant dans les ressources intermédiaires (RI), dont 34 sont situées au Saguenay–Lac-Saint-Jean. L’ARIHQ interpelle le gouvernement du Québec à l’approche de la renégociation de l’Entente nationale déterminant le financement du réseau des RI.

La directrice générale de l’ARIHQ, Johanne Pratte, a rencontré les gestionnaires de RI de la région, mercredi, dans le cadre d’une tournée nationale. Partout au Québec, les propriétaires de RI sont préoccupés par le manque de main-d’œuvre et pointent du doigt l’écart entre le salaire de ses préposés aux bénéficiaires et celui de ceux qui œuvrent dans le réseau public.

« La pénurie de préposés aux bénéficiaires est généralisée à l’ensemble du Québec, mais elle frappe le réseau des RI encore plus sévèrement en raison de l’écart existant avec les conditions de travail offertes dans le réseau public. De plus en plus de préposés se tournent vers d’autres emplois ou font le choix d’aller travailler en CHSLD, où ils reçoivent un salaire pouvant atteindre 10 $ de plus de l’heure pour un travail équivalent, voire moins exigeant. Ça ne peut plus durer », affirme Johanne Pratte.

Une enquête menée par l’ARIHQ révèle que 83 % des gestionnaires de RI souffrent de la pénurie de main-d’œuvre. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, 61 postes sont à pourvoir, ce qui représente 1,8 poste par ressource intermédiaire. Au Québec, plus de 2500 postes seraient vacants. En plus des préposés aux bénéficiaires, les techniciens en éducation spécialisés, les travailleurs sociaux et d’autres types d’employés sont recherchés.

L’ARIHQ affirme que les gestionnaires de ressources intermédiaires se sentent abandonnés par le gouvernement et qu’ils craignent pour la pérennité et la qualité des services offerts aux 15 000 personnes qu’ils hébergent à travers la province.

L’Entente nationale entre l’ARIHQ et le gouvernement du Québec vient à échéance en mars 2020. L’amélioration des conditions de travail des préposés aux bénéficiaires en RI sera un enjeu incontournable de la renégociation. L’ARIHQ revendique un traitement équitable sinon équivalent à celui des travailleurs du réseau public.

« À travail égal, salaire égal. C’est la base. Il faut absolument valoriser davantage le travail des gens qui prennent soin des plus vulnérables. Il y a plusieurs façons d’y arriver, mais sans un rehaussement significatif de leurs conditions, le problème restera entier », estime Johanne Pratte, qui souligne que différents programmes ont déjà été mis sur pied par l’ARIHQ afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre, notamment une offre de formation complète pour ses employés et des campagnes de recrutement à l’international.

« Ces efforts sont minés par l’absence d’un financement adéquat du gouvernement, ce qui empêche les RI d’offrir à leurs employés les conditions qu’ils méritent. Alors que les RI sont financées à 100 % par l’État, pour l’ARIHQ, il est inacceptable de maintenir ce réseau dans un état de survie. »