Les renforts se déploient dans les CHSLD du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Malgré les directives ministérielles, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean éprouve toujours de la difficulté à gérer l’alternance du personnel entre ses installation.

En point de presse, vendredi, le directeur de la Santé publique, Donald Aubin, a assuré que tout était mis en œuvre afin de composer avec la rapidité à laquelle le virus se propage.

Pourtant, une préposée qui a travaillé au CHSLD de la Colline a confié au Quotidien qu’au cours de cette semaine, elle s’est retrouvée dans un service sensible de l’Hôpital de Chicoutimi. On lui aurait répondu qu’il est préférable d’avoir recours à ses services que de demander au personnel sur place de faire du temps supplémentaire obligatoire.

Une autre situation concerne un préposé aux bénéficiaires qui aurait été dépêché au CHSLD de la Colline, jeudi. Il devra reprendre du service en fin de semaine à l’Hôpital de la Baie. Il faut préciser que les lits des étages de médecine de l’installation sont en général occupés par des personnes âgées en attente de placement ou admis à l’unité de réadaptation fonctionnelle intensive (URFI).

Pendant ce temps, la situation est toujours évolutive au CHSLD de la Colline qui a maintenant 67 cas confirmés de COVID-19 avec deux décès additionnels. Dans la région, depuis le début de la pandémie, 8 personnes sont décédées dont 6 au CHSLD de la Colline et 2 à l’infirmerie de la congrégation des Antonienne-de-Marie.

La situation dans ce CHSLD a un impact sur la courbe régionale de progression de la maladie. Selon les spécialistes de la Santé publique, dès que les éclosions seront contrôlées dans les deux plus importants foyers, la courbe de la transmission du virus devrait entreprendre une descente lente au cours des prochains jours.

«Il n’y a pratiquement plus de cas confirmé dans la communauté», insiste le médecin qui a expliqué que les résultats des mesures de confinement se font sentir et ont eu l’effet escompté. La courbe régionale est même moins abrupte que la courbe québécoise. Malgré cette nouvelle encourageante, le directeur de la Santé publique rappelle que la victoire n’est pas acquise.

Il est déjà assuré que le virus continuera de circuler dans la région pendant les prochains mois. Il devrait ainsi y avoir à l’occasion des foyers d’éclosion. Mais le directeur de la Santé publique régionale n’est pas en mesure de préciser si la région pourra bénéficier de mesures de déconfinement plus rapides que les régions où la pandémie a été plus intense. Il s’agit de décisions relavant de la direction nationale de la Santé publique.

Le médecin a confirmé que tout le processus de déconfinement qui a débuté cette semaine avec certaines activités économiques de base devra obligatoirement être accompagné d’une augmentation du nombre de tests au sien de la population. La Santé publique maintiendra aussi des équipes qui auront à tracer l’historique des personnes contaminées de façon à restreindre le milieu de contamination pour éviter de relancer la propagation.

Le talon d’Achille de toute cette opération va demeurer la protection des CHSLD et des Résidences pour personnes âgées. La circulation du virus était limitée dans la région quand les premiers cas ont été confirmés à de la Colline et à l’infirmerie des religieuses. Le virus a été et est toujours dévastateur dans ces deux sites.

Sur le terrain, les renforts commencent à se déployer. Des médecins spécialistes ont déjà commencé à appuyer les équipes des CHSLD. Le Dr Aubin rappelle que les besoins sont aussi importants dans les CHSLD qui n’ont pas été touchés par le virus. Les syndicats parlent d’un déficit de 200 préposés aux bénéficiaires pour assurer la stabilité des équipes dans les 16 CHSLD de la région.