La matière retrouvée sur les coques de navires de la marina de Saint-Félicien n'est pas des rejets de l'usine de Résolu, mais plutôt des hydrocarbures.

Les rejets ne vont plus dans l'Ashuapmushuan

Produits forestiers Résolu ne déverse plus les eaux usées de son usine de pâte de Saint-Félicien dans la rivière Ashuapmushuan.
La conduite de 14 kilomètres qui sert à déverser l'eau de traitement à la rivière Mistassini semble bien fonctionner après la réalisation de travaux qui se sont échelonnés sur plusieurs semaines. «Nous avons commencé à l'utiliser vendredi en après-midi et tout s'est bien passé. La capacité d'évacuation était optimale. Or ce matin (hier), à cause des pluies abondantes, le niveau de nos lagunes a augmenté, des vérifications sont à faire, mais ça semble tout de même s'évacuer à un bon débit», explique le porte-parole Karl Blackburn.
Cette conduite réparée représente une bonne nouvelle pour la compagnie qui devait réduire sa production à cause de la saturation des bassins d'épuration et l'impossibilité de rejeter au débit souhaité les eaux usées.
La solution de déverser dans l'Ashuapmushuan n'était pas l'idéal, surtout que des critiques commençaient à se faire entendre.
Le président du centre nautique de Saint-Félicien, Réjean Côté, a affirmé dans les médias ce week-end que des cernes brunâtres se sont retrouvés sur la coque d'un bateau. Il a affirmé que la situation serait attribuable au déversement des eaux de Résolu dans la rivière.
«C'est impossible, assure Karl Blackburn. Un, l'eau que l'on déverse est beige, et deux, il y a un système de trois diffuseurs qui filtre l'eau avant de se retrouver dans la nature. Trois, la distance de la marina est de plus de 12 kilomètres et l'eau passe trois rapides, je ne vois pas comment nous serions responsables», a argumenté Blackburn.
Une affirmation confirmée par le ministère de l'Environnement et du Développement durable qui a dépêché un inspecteur à la marina, hier. «Il a retrouvé une très petite quantité d'hydrocarbure à laquelle étaient agglutinées des matières organiques. C'est vraisemblablement un propriétaire d'embarcation qui a eu un problème mécanique», a informé la porte-parole Sophie Gauthier. Le déversement était trop mineur pour tenter de procéder à sa récupération.
Le porte-parole de Résolu assure que la compagnie doit répondre à des critères très stricts du ministère de l'Environnement et du Développement durable. «Entre autres choses, nous devons déverser notre eau dans un aquarium où l'on retrouve 10 truites. Elles doivent survivre après trois jours. La dernière fois que nous avons fait ce test, aucune n'est morte», a mentionné Karl Blackburn.
Lpotvin@lequotidien.com