Lana Pedneault, présidente du comité Citoyens pour un Vaudreuil durable, affirme que M. Couillard «donne tout cuit dans le bec» à Rio Tinto.

Les propos de Couillard «inacceptables»

Le comité Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD) considère que les propos du premier ministre Philippe Couillard sont inacceptables. Selon les citoyens, il donne raison à Rio Tinto quant à la disposition d'un site d'entreposage de résidus de bauxite dans le boisé Panoramique.
Par voie de communiqué, Lana Pedneault, présidente du comité, affirme que M. Couillard «donne tout cuit dans le bec à la multinationale en pliant sous les menaces de catastrophe économique, et ce, sans demander aucun engagement pour les emplois et les investissements». 
«Si nous laissons faire le premier ministre, ce n'est pas juste l'Usine Vaudreuil qui va fermer dans 25 ans, c'est toute la région», a déclaré Mme Pedneault.
Lundi, lors de l'inauguration de l'école Jean-Fortin de Saint-Honoré, M. Couillard a mentionné qu'il n'y aurait pas d'audiences du BAPE sur le projet, information confirmée par le ministre de l'Environnement David Heurtel, mardi matin. 
Le CVD rappelle les propos du ministre, qui s'était montré très ouvert à tenir un BAPE sur cette question lors d'une rencontre avec les représentants de la Chambre de commerce, à Chicoutimi, le 4 novembre dernier. Le CVD a acheminé une lettre au ministre, l'invitant à rester vigilant quant à cette question et à faire preuve de la même ouverture en faisant respecter les règlements qui régissent la loi du développement durable et à protéger les citoyens et l'environnement lorsqu'ils sont exposés à des risques et à des impacts d'un projet d'envergure, comme c'est le cas de la phase II du site d'entreposage.
André Delisle, président de la consultation publique pour le projet Vaudreuil au-delà de 2022, abondait aussi dans le sens du CVD voulant que les critères économiques et techniques aient prédominé dans le choix du boisé Panoramique comme site de disposition des résidus de bauxite, et que les critères sociaux et environnementaux aient été peu considérés. Il était aussi d'avis que «pour assurer la paix sociale, rétablir la confiance et résoudre le conflit régional par rapport au projet (phase 2) portant surtout sur le choix du site, l'étude de localisation devrait être reprise avec la participation des parties concernées».
Le CVD ne laissera pas tomber ce dossier et invite les élus, travailleurs et chercheurs à parler d'une même voix pour qu'ils encouragent fermement Rio Tinto à investir massivement en recherche et développement dans le domaine de la valorisation, et ce, dès maintenant. « C'est une avenue très intéressante si on pense aux emplois créés par un tel projet, sans oublier les revenus possibles découlant de la monétisation des déchets industriels toxiques », soutient le comité.
Projet «important»
En soirée, Rio Tinto a tenu à rappeler « l'importance » du projet pour la région.
«Le Projet Vaudreuil au-delà de 2022 est un projet structurant et important pour nous, nos employés et la région. Plus de 1000 emplois sont liés aux opérations de l'Usine Vaudreuil, qui génère environ 135 millions de dollars annuellement en retombées économiques régionales. Bien que le projet ne soit pas assujetti au processus du BAPE, nous avons volontairement réalisé une étude d'impact complète et mis en place une démarche de consultation avec le milieu depuis 2015 afin d'améliorer le projet», a souligné la conseillère des relations médias, Xuân-Lan Vu.