Une infirmière au travail

Les professionnelles en soins passent au vote

Les 3200 membres du Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (SPS-FIQ) vont choisir aujourd'hui la première présidente de la leur histoire. La négociation locale, qui doit se dérouler pendant les 18 prochains mois, prend son envol.
Sandra Chiasson
Julie Bouchard
L'élection d'aujourd'hui marquera le départ à la retraite de la présidente du Syndicat des professionnelles en soins du défunt CSSS de Chicoutimi, Martine Côté. Cette dernière a assumé l'intérim depuis la conclusion du vote d'allégeance syndicale où la FIQ a facilement remporté la bataille.
«Le syndicat est bien en place et nous avons procédé à toute l'organisation sur le terrain. Du travail a également été fait pour la préparation de la négociation locale», a indiqué au Quotidien celle qui a assumé l'intérim à la présidence du nouveau syndicat qui regroupe les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et percussionnistes.
La lutte à la présidence met en présence deux infirmières auxiliaires. La déléguée syndicale Sandra Chiasson de l'hôpital de Roberval affronte Josée Bouchard, qui est à l'exécutif syndical à titre de représentante pour le secteur Chicoutimi/La Baie.
Au cours d'un bref entretien avec Le Quotidien, Sandra Chiasson a indiqué que la direction syndicale allait devoir rassurer les membres qui sentent une perte d'identité avec la création du CIUSSS. Elle propose une organisation syndicale qui va être en mesure de régler les problèmes à la base.
«Ce n'est pas la présidente qui décide. Nous devons représenter nos membres et bien écouter ce qu'ils souhaitent que l'on défende. Nous avons déjà fait un sondage dans le cadre de la négociation locale et il va falloir respecter ce que nos membres ont exprimé», insiste l'infirmière auxiliaire.
«Je veux mettre en place les meilleurs moyens pour faire en sorte que les ententes locales puissent respecter la volonté de nos membres. Il y a aussi des différences dont nous devons tenir compte. La Baie regroupe 160 membres alors que nous sommes 400 à Roberval. Ce sont des réalités avec lesquelles nous devons composer», a ajouté Sandra Chiasson.
Son opposante, Josée Bouchard, affirme de son côté avoir une bonne expérience de la nouvelle structure régionale. Elle déplore cependant que cette élection à la présidence ait pris une tournure comparable à ce qui se passe avec la mise en place du CIUSSS alors qu'il y a une sorte de compétition entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean.
Josée Bouchard affirme vouloir présider les destinées du nouveau syndicat en toute transparence avec l'objectif d'unifier les travailleuses et travailleurs qui oeuvrent dans huit établissements entre Petit-Saguenay et La Doré. Il s'agit, selon Mme Bouchard, d'un défi de taille qui va nécessiter beaucoup de conciliation afin de faire en sorte que les intérêts de tous soient défendus adéquatement.
«Il y a dix ans, nous avons vécu la création des CSSS. Nous avons à peine complété cette réforme que nous devons faire celle des CIUSSS. Au lieu de diviser la région, il faut créer des solidarités pour nous permettre de bien défendre les intérêts de nos membres.»
Josée Bouchard enchaîne en insistant sur le style de leadership qu'elle entend déployer si les membres lui font confiance. «En plus d'être transparente, je suis une personne qui donne toujours l'heure juste. Avec moi, il n'y a pas de zone grise. C'est blanc ou c'est noir. Les gens savent à quoi s'en tenir», a conclu la candidate.