Selon le producteur Michel Potvin, le ministre commence à justifier une décision qui fera mal à l'industrie laitière.

Les producteurs de lait peu rassurés

Une lettre de Denis Lebel, envoyée cette semaine à plusieurs intervenants de la région, met fin aux doutes des agriculteurs.
Le gouvernement canadien va bel et bien sacrifier le système de gestion de l'offre pour conclure le futur partenariat transpacifique, dénoncent les producteurs laitiers.
Dans cet envoi, le ministre rappelle que le Canada va signer cet accord commercial que « s'il est nettement avantageux » pour les entreprises et les travailleurs du pays. Et à la fin de la lettre, le député de Roberval rappelle que cette future entente fait l'affaire des producteurs céréaliers et de viandes.
Des citations des présidents du Conseil canadien du porc, du Conseil canadien du canola et du Conseil des viandes du Canada, tous en faveur des négociations, ont été ajoutées à la toute fin de la lettre.
« À l'approche de la conclusion du PTP, l'industrie du canola encourage les Canadiens à considérer combien nous profiterions de partenariat et combien nous perdrions s'ils ne réussissaient pas », dit Patti Miller, président du Conseil canadien du canola.
Selon le producteur Michel Potvin, le ministre commence à justifier une décision qui fera mal à l'industrie laitière.
« On voit bien qu'il (Denis Lebel) cherche des excuses pour faire passer ça. Il dit que toutes les autres productions veulent ça. En fait, ce qu'on entend, c'est qu'au diable les producteurs de lait. Mais les viandes, les céréales, c'est libre marché et surtout ce sont des productions qu'on retrouve dans l'Ouest du pays. Je pensais qu'il est était minuit moins une, mais il est plutôt minuit et cinq », soupire M. Potvin, précisant que la lettre a été envoyée à des producteurs et à au moins un élu de la région.
Maintenir la gestion de l'offre
Plus tard dans la journée, M. Lebel a tenu à défendre le travail du gouvernement conservateur par voie de communiqué et contredit les propos des agriculteurs.
«Dans toutes les autres négociations de libre-échange, nous avons toujours conservé la gestion de l'offre. Nous voulons faire la même chose ici, affirme-t-il. Il faudra que l'accord commercial soit nettement avantageux pour les Canadiens afin que nous le signions.» Avec Dominique Gobeil