Les producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean se sont réunis, vendredi, à Alma, dans le cadre de l’assemblée générale annuelle.

Les producteurs de lait inquiets

Les producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont inquiets de la suite des négociations pour le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). L’inquiétude était présente, vendredi, lors de l’assemblée générale annuelle (AGA) qui se déroulait à Alma. Les producteurs craignent d’autres menaces comme celle faite par le président américain, Donald Trump, soit d’imposer une surtaxe sur l’aluminium et l’acier.

Plusieurs participants à l’AGA ont fait part de leurs préoccupations à Daniel Gobeil, président des Producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean. «Nous craignons que le climat de menaces se poursuive et nuise aux négociations à l’ALÉNA et qu’en fin de compte, les producteurs laitiers se retrouvent encore victimes», précise-t-il.

Celui qui assure également la fonction de premier vice-président des Producteurs laitiers du Québec admet avoir été rassuré lors des sept premières rondes de négociations de l’ALÉNA. Toutefois, les menaces des derniers jours font craindre le pire aux producteurs laitiers qui ne veulent être pénalisés au détriment d’un autre secteur.

En plus des problèmes sur la scène internationale, les producteurs d’ici vivent des moments difficiles. Au courant des douze derniers mois, ils auront encaissé une baisse du prix du lait. Des plus, les ententes signées dernièrement les obligent à vendre leur production dans des classes moins payantes comme le beurre et la poudre de lait écrémé. 

Les enjeux commerciaux resteront d’actualité pour l’année à venir. De plus, la stabilisation du nombre de fermes sera un objectif pour le regroupement. Lors de la dernière année, une douzaine de fermes de la région ont cessé leurs activités. Plusieurs raisons expliquent ces fins d’exploitation. Des fermes de petite taille n’ont pu profiter d’économies d’échelle et ont vu leurs profits diminuer. Par ailleurs, le manque de relève est en cause dans la fermeture de certaines fermes. «Avec le climat d’incertitude, les agriculteurs veulent plus de garanties. Certains choisissent de ne pas investir et font le choix de se retirer», ajoute Daniel Gobeil. 

Malgré tout ce qui arrive dans cette industrie qui génère près de 2500 emplois directs et indirects dans la région, la quantité de lait produit est plus que satisfaisante. Près de 300 producteurs ont produit plus de 160 000 000 litres de lait en 2017. Les fermes de plus en plus imposantes permettent de suivre la tendance. Ainsi, comparativement au reste de la province, la région n’est pas en mauvaise posture.

Achat régional

Questionné quant à la décision des restaurants McDonald’s de mettre fin à son contrat d’approvisionnement en produits laitiers avec Nutrinor, Daniel Gobeil rappelle l’importance de choisir les produits d’ici au quotidien. Selon lui, en plus du lait qui quitte la région, des emplois quittent aussi le Saguenay-Lac-Saint-Jean. «On demande aux consommateurs de regarder ce qu’ils achètent et de choisir de bons produits. Au fil du temps, on s’est imposé des normes. Dans le domaine du fromage, l’achat local, c’est aussi de sélectionner les produits canadiens», conclut Daniel Gobeil. 

Le président des Producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Daniel Gobeil.