Les producteurs de chanvre s’intéressent au potentiel du CBD

Les producteurs de chanvre veulent aussi tirer profit de la nouvelle économie du cannabis et de ses produits dérivés. Pour tester le marché, la ferme Taillon a récolté quelques dizaines de tonnes de feuilles de chanvre pour en extraire le CBD, un composé actif de la plante.

C’est à l’initiative de Jacques Dallaire, un producteur de semences d’Hébertville, que la ferme Taillon, de Saint-Prime, a récolté pour la première fois des feuilles de chanvre, l’automne dernier. Les feuilles ont par la suite été mises en granules. Ensuite, l’extraction du CBD s’est faite dans un laboratoire.

« On veut s’assurer de rencontrer toutes les normes gouvernementales pour savoir quel est le potentiel pour les producteurs agricoles », soutient Jacques Dallaire, qui s’occupe de la commercialisation.

« Ça fait deux ou trois ans qu’on parle du potentiel du CBD, remarque pour sa part Christian Taillon, qui a cultivé 104 hectares de chanvre, l’été dernier. Dans la variété qu’on a utilisée, on retrouve 1,3 % de CBD, mais on perd de 30 à 40 % du composé au moment de l’extraction. » Pour l’instant, aucun prix n’a été fixé, mais des discussions laissent croire qu’une tonne de feuilles de cannabis en granule pourrait valoir entre 800 $ et 1000 $.

Si l’initiative est fructueuse, de nouvelles variétés avec de plus fortes concentrations en CBD pourraient être développées pour la culture en champs.

À l’été 2018, une vingtaine de producteurs ont cultivé 1000 hectares de chanvre, produisant 700 tonnes de graines pour l’alimentation humaine, le principal marché du chanvre, du moins pour l’instant.

Une nouvelle association

Une douzaine de producteurs de chanvre se sont regroupés pour former l’Association des producteurs de chanvre du Québec. Leur but : créer un regroupement de producteurs pour optimiser la culture, développer de nouveaux marchés et défendre les intérêts des membres.

L’association, formée il y a quelques semaines, souhaite maintenant atteindre la trentaine de producteurs du Québec avant sa première assemblée générale annuelle, qui se tiendra le 21 mars 2019, à Alma, mentionne Jacques Dallaire, président du conseil d’administration provisoire.


«  On souhaite être proactifs et alertes pour mieux répondre aux besoins de l’industrie.  »
Christian Taillon

« On souhaite être proactifs et alertes pour mieux répondre aux besoins de l’industrie », note Christian Taillon, vice-président de l’association, ajoutant qu’il n’y avait pas de répondants jadis pour représenter les producteurs.

En 2017, près de 1300 des 2037 hectares des superficies québécoises dédiées à la culture du chanvre se retrouvaient au Saguenay–Lac-Saint-Jean.