Selon Gaston Langevin, il faudrait plus ou moins une centaine de préposés aux bénéficiaires supplémentaires pour être en mesure de fonctionner avec plus de facilité.

Les préposés peuvent souffler un peu

L’entente entre le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean et le syndicat CSN qui représente les 1100 préposés aux bénéficiaires apportera un peu « d’oxygène », mais ne permettra pas de contrer la pénurie de main-d’œuvre qui frappe de plein fouet le secteur de la santé au même titre que d’autres domaines.

Le vice-président régional de la Fédération des affaires sociales (FAS), Gaston Langevin, a confirmé que les ententes intervenues dans la foulée de la crise des infirmières avaient été approuvées à 75 % par les syndiqués. « L’employeur a accepté des mesures spécifiques pour les heures de travail, mais en retour, les syndiquées ont aussi fait des changements pour toute la question des disponibilités afin de combler les besoins », insiste le leader syndical.

La FAS n’a pas fait tous les calculs pour vérifier l’état de situation puisque les chiffres bougent beaucoup au chapitre de la main-d’œuvre au CIUSSS. En revanche, Gaston Langevin affirme être près de la réalité quand il avance qu’il faudrait plus ou moins une centaine de préposées aux bénéficiaires supplémentaires pour être en mesure de fonctionner avec plus de facilité.

« On a l’impression que les départs à la retraite sont plus nombreux que les embauches. Il n’y a pas si longtemps, les gens voulaient travailler dans les services publics. Aujourd’hui, c’est beaucoup moins attrayant en raison de toute la publicité négative qui est faite sur les conditions de travail », reprend le vice-président.

Pénurie de main-d’œuvre

Gaston Langevin constate que le phénomène de la pénurie de main-d’œuvre constaté dans d’autres secteurs d’activités s’installe lentement, mais sûrement dans celui de la santé. Ce n’est pas seulement une question de conditions, mais bien une véritable situation où le bassin de main-d’œuvre est tout simplement insuffisant, au même titre que les conducteurs de camions.

Les représentants syndicaux ont constaté, au cours des derniers mois, un nouveau phénomène dans les différents établissements. De plus en plus de préposés aux bénéficiaires se présentent dans les bureaux de syndicat afin d’obtenir de l’information sur la retraite. Il semble, selon Gaston Langevin, que les préposées souhaitent quitter plus vite pour la retraite et cette réalité ne le surprend pas.

« Dans un passé récent, il y a eu des compressions importantes dans le système. De nombreuses mesures ont été prises pour encadrer le travail des préposés et nous nous rappelons tous de la fameuse directive de 10 minutes pour un bain. Ça crée chez nos préposés un sentiment qu’ils travaillent dans une usine et non auprès de bénéficiaires. Les préposés sont ceux qui sont le plus près du bénéficiaire dans le système et avec toutes les contraintes d’unités de temps par acte, le gouvernement a changé cet engagement », reprend Gaston Langevin.

Le vice-président de la FAS soutient que la situation actuelle ne découle pas de la création des CIUSSS au Québec. Certes, affirme le syndicaliste, les CIUSSS ont amplifié le phénomène d’être un « numéro dans une usine », mais tout le reste a été généré par des années de compressions budgétaires dans le système de santé québécois, mentionne-t-il.