Judith Naluiyuk (à l’extrême droite), une jeune femme de 20 ans native de Salluit, veut créer sa propre entreprise touristique à Salluit, au Nunavut. Elle pose ici avec cinq autres diplômés.

Les premiers guides arctiques diplômés

Le 18 février dernier, sept étudiants du Nunavik ont été les premiers à recevoir leur diplôme pour l’attestation d’études collégiales (AEC) de Guidage arctique offerte par le Cégep de Saint-Félicien.

Pour Judith Naluiyuk, une jeune femme de 20 ans native de Salluit, ce diplôme est le symbole d’une belle réalisation et lui permettra de créer du dynamisme dans sa communauté. «Je veux aider ma communauté en créant de nouvelles activités et de l’emploi», dit-elle fièrement.

Cette dernière souligne qu’elle a adoré le programme de formation de 1290 heures créé sur mesure par le Cégep de Saint-Félicien et offert à Kangiqsujuaq, au Nunavik. Dans le cadre de cette formation, elle a notamment suivi des cours de sauvetage en milieu isolé, de navigation, de chasse, de cuisine et d’accueil des touristes. «J’ai adoré la formation, parce que j’ai pu apprendre plein de techniques et d’habiletés pour faire des activités extérieures», soutient l’Inuk, qui souhaite maintenant lancer sa propre entreprise à Salluit.

Outre Judith Naluiyuk, Maina Amaamatuak, Jacob Angnatuk, Neekullak Liddle, Annanack, Stanley George, Mark Kadjulik et Leena Kasudluak ont aussi obtenu leur diplôme, à la plus grande fierté de Bernard Naud, le conseiller pédagogique du Cégep de Saint-Félicien qui a conçu le programme.

«Ce programme était ciblé dans le Plan Nunavik pour développer de l’expertise locale pour guider les touristes», explique ce dernier.

Pour répondre à ce besoin, le Cégep de Saint-Félicien a créé un programme sur mesure délocalisé au Nunavik. «Le programme vise à développer le savoir-être et le savoir-faire pour créer des emplois dans le Nord», remarque le conseiller pédagogique, avant d’ajouter que l’emphase est mise sur l’aventure douce et sur l’expérience culturelle.

Avec la chute du tourisme lié à la chasse dans le nord, le programme souhaite former des professionnels pour développer une industrie durable, note Bernard Naud. «Le Nunavik est un des endroits les moins foulés dans le monde et il y a un fort potentiel de développement», dit-il.

Le programme, officiellement lancé en 2017, après un projet pilote en 2015, se donne de manière intensive sur trois différentes sessions. Les jeunes doivent faire plusieurs expéditions en territoire de courte durée. Dans le cadre de cette formation axée sur les cours pratiques, les étudiants sont aussi venus «dans le sud », pour faire du kayak sur le fjord du Saguenay ou encore pour visiter certains parcs nationaux.

Plusieurs retours

Au départ, 15 étudiants étaient inscrits au programme, mais certains se sont trouvé un travail ou ont décidé de retourner auprès de leur famille. «Trois étudiants qui avaient quitté le programme ont décidé de revenir pour compléter leur diplôme», se réjouit toutefois Bernard Naud.

Ainsi, la deuxième cohorte, qui a débuté récemment, accueille huit étudiants. Par contre, dans le contexte de la propagation de la COVID-19, la formation a été mise une pause et tous les enseignants ont été rapatriés.

Judith Naluiyuk, une jeune femme de 20 ans native de Salluit, veut créer sa propre entreprise touristique à Salluit, au Nunavut.

L’entreprise régionale Chlorophylle participe aussi au programme en fournissant des vêtements adaptés aux différentes activités.