Les premiers bateaux flottent à L’Anse-Saint-Jean [PHOTOS]

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
La marina de L’Anse-Saint-Jean a procédé aux premières mises à l’eau de la saison samedi matin. Une douzaine de bateaux ont plongé dans le Saguenay au grand soulagement de plusieurs plaisanciers qui craignaient le pire pour la saison 2020.

Une deuxième vague d’embarcation d’une douzaine de bateaux sera effectuée dimanche matin.

Le travail a commencé très tôt samedi matin, à 5 h 30, pour profiter au maximum de la marée. « On a besoin de la marée sinon on ne peut pas mettre les bateaux à l’eau. Pour le bon fonctionnement, tous les propriétaires de bateaux s’entraident pour qu’ensemble, on arrive à mettre les embarcations de tout le monde », explique le trésorier du Club nautique de L’Anse-Saint-Jean, Jacques Chouinard.

Malgré le temps frisquet, le trésorier de la Marina de L’Anse-Saint-Jean, Jacques Chouinard, était bien heureux de mettre son bateau à l’eau.

Cette année, M. Chouinard et sa bande ont eu peur de ne pas pouvoir mettre leurs bateaux sur les eaux du Saguenay. La santé publique a autorisé la semaine dernière, le tourisme nautique, au grand bonheur des plaisanciers de L’Anse-Saint-Jean. « Tout le monde fait attention et respecte les consignes et c’est bien, parce que si on a un seul cas, on doit fermer la marina et on ne veut surtout pas que ça arrive. Les bâtiments sont fermés, seules les toilettes sont accessibles et c’est une personne à la fois par salle de bain, mais les gens ne se sont pas plaints. La discipline est incroyable. Tout le monde était de bonne humeur et enthousiaste à l’idée de commencer la saison », raconte M. Chouinard, qui a elle-même descendu à l’eau son voilier.

Une ouverture qui soulage

Pour le village de L’Anse-Saint-Jean, le tourisme nautique représente un élément clé de l’économie locale. Seulement à la marina, c’est entre 500 et 700 nuitées par été. « Ça, c’est en nombre de bateaux, pas de visiteurs. Ça fait beaucoup de gens qui passent quelques jours ici. Si cette année on en a 500, on va être content. Quand les visiteurs arrivent, ils passent 3 à 5 jours dans les restaurants, les épiceries et les autres commerces du village », souligne M. Chouinard.

Selon lui, la fermeture de la marina aurait été catastrophique. « Nous n’avons pas de dépense et on fonctionne avec du bénévolat, mais pour le village, ça aurait été très difficile. C’est une activité essentielle. La marina apporte beaucoup de visiteurs qui viennent ici, dorment ici, mangent ici, lance avec conviction celui qui aime beaucoup son village. L’Anse-Saint-Jean, c’est une microéconomie. C’est un petit village qui est très dynamique. Il y a beaucoup de jeunes qui participent à une économie que je qualifierais de sociale et c’est ce qui fait vivre le village. En plus, les gens qui viennent et qui dépensent ici en ont pour leur argent parce que c’est magnifique. »

Profiter de la situation

Avec les frontières toujours fermées, les Québécois pourraient être tentés de visiter le Québec et pour Jacques Chouinard, L’Anse-Saint-Jean est un incontournable. « Habituellement, beaucoup de navigateurs du Québec aiment aller au lac Champlain, mais là, c’est collé sur les États-Unis. Ça va peut-être les inciter à rester au Québec et à venir visiter le fjord et on va se le dire, c’est un maudit beau fjord. »