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Les pilotes se font rares
Le commandant d’une base de chasseurs est avant tout un pilote. Le lendemain de notre entrevue, le colonel Radiff s’est mesuré à d’autres pilotes en combat aérien.

Les pilotes se font rares

Ayant passé une bonne partie de sa carrière de pilote de chasse à Cold Lake, avant de prendre le commandement de la Base de Bagotville en juillet 2017, le colonel William Radiff a resserré les liens avec la 4e Escadre. Une collaboration avec la seule autre base de chasseurs du Canada qui devrait permettre de rendre les opérations plus efficaces.

« Depuis que je suis ici, la 3e et la 4e Escadre travaillent plus en équipe. C’est une directive que j’ai reçue du major général Christian Drouin (commandat de la 1re Division aérienne du Canada), car j’étais un gars qui connaissait bien Cold Lake », nous a expliqué le commandant de la 3e Escadre, en faisant le bilan de sa première année de mandat.

« Le colonel (Paul) Doyle et moi, on parle tous les jours, parfois même la fin de semaine », dit-il.

Par exemple, les Escadrons 425 et 433 ont envoyé quatre CF-18 en support à Cold Lake, du 11 au 22 juin, pour supporter l’opération Maple Flag, un vaste exercice opérationnel international regroupant, cette année, les aviations canadienne, belge, australienne et américaine.

Garder les pilotes
La collaboration entre les deux colonels vise aussi à endiguer un nouveau phénomène auquel est confrontée l’Aviation royale canadienne (ARC) en raison de la rareté des pilotes.

Sans parler au nom des autres divisions de l’ARC, transports et hélicoptères, le colonel Radiff admet que la chasse canadienne doit prendre des mesures pour conserver des pilotes, qui ont coûté plusieurs millions de dollars à former et qui sont courtisés par les lignes aériennes.

Car au-delà du salaire, le principal irritant dans leur vie est le manque de stabilité pour la famille. William Radiff, par exemple, a déménagé 14 fois en 30 ans de carrière. Il ne s’en plaint pas, mais admet que ce n’est pas facile pour la famille.

Son plus jeune fils est carrément né entre Bagotville et Cold Lake, en 2006, alors qu’il troquait sa première affectation comme pilote de chasse au Saguenay pour l’Ouest canadien.

« J’étais pilote de démonstration, et il est né entre deux spectacles aériens. Il avait eu besoin d’une petite chirurgie à huit semaines au Sickkids Hospital de Toronto. J’avais atterri à l’aéroport avec mon CF-18 et j’étais arrivé, en combinaison de vol, 15 minutes avant l’opération. »

Pour les nouvelles générations, ce genre de compromis est plus difficile. « C’est un nouveau phénomène. Ça n’existait pas avant. J’en parle avec mes officiers supérieurs (lieutenants-colonels et majors) pour trouver des solutions à ce problème. Ça se fait ici et à Cold Lake également », explique le commandant.

Lors d’une réaffectation, par exemple, on discute davantage avec le pilote pour l’aider à prendre une décision.

« Si on peut, on offre des choix, on explique les avantages ; c’est une belle voie de respect pour les gars. » Bref, on prend en considération l’opinion du principal intéressé, pourvu que ça satisfasse les besoins de l’ARC.