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Les pilotes se font rares
William « Fat Daddy » Radiff, alors qu’il était capitaine à l’Escadron 425, fut le pilote de démonstration du CF-18, en 2006.

Le rêve réalisé d’un jeune garçon

Le colonel William Radiff n’était pas un nouveau venu à Bagotville quand il en a pris le commandement, il y a un an. C’est là qu’il avait amorcé sa carrière de pilote de chasse de 2002 à 2006, mais sa plus grande angoisse était de renouer avec la langue française, qu’il maîtrise pourtant très bien.

« Fat Daddy » est prêt à assumer cette promotion, lui qui n’a pas peur de contrer l’adversité et de relever des défis. Car dès le début de sa carrière, il a dû faire preuve de résilience ; son rêve ne s’est pas réalisé comme il le souhaitait.

Pas de place
Pour le petit garçon originaire de Guelph, le rêve de devenir pilote de chasse commence à la fin des années 70 au bord des pistes d’un aéroport militaire d’Allemagne, où son père enseigne, et d’où il voit s’envoler les puissants intercepteurs CF-104 Starfighter.

Il s’enrôle dans les Forces armées en 1988 et suit le processus de sélection des pilotes jusqu’à l’École de formation de Moose Jaw, mais à la fin de son cours de base, une mauvaise surprise l’attend. « Nous étions 16 finissants, et il n’y avait aucun débouché vers les jets. Il y avait neuf places sur le cours d’hélicoptère et sept sur les avions multimoteurs. J’ai choisi l’hélico. »

À sa première affectation en 1994, sur les Labrador à Comox, en Colombie-Britannique, il répond, à la grande surprise de son commandant qui lui demande quelles sont ses intentions : « Je vais travailler très fort pour piloter les hélicos... et me former le plus possible pour devenir pilote de chasse. »

Trois ans plus tard, la Force aérienne lui fait une offre : en échange de quelques années comme instructeur sur les Tutor à Moose Jaw, il pourra ensuite suivre sa formation sur CF-18. En 2000, il se retrouve à Cold Lake, là où on forme tous les pilotes de chasse canadiens.

Après son passage de quatre ans à Bagotville, puis une autre affectation de trois ans comme pilote-instructeur et commandant adjoint de l’Escadron 410 d’entraînement opérationnel sur CF-18 à Cold Lake, « Fat Daddy » amorce un nouveau volet de sa carrière avec un séjour à Ottawa, où il travaille au projet d’acquisition du futur chasseur.

En 2011, il poursuit sa formation d’officier supérieur en Alabama, pour suivre le programme de l’Air Command and Staff College des États-Unis, à l’Université Maxwell. Il est ensuite affecté au quartier général du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) comme officier des opérations. En 2013, il occupe le poste d’officier supérieur d’état-major – chasseurs à la 1re Division aérienne du Canada à Winnipeg.

À l’automne 2014, il vit une expérience unique au Qatar, dans le cadre de l’opération Impact (contre Daesch), où il décroche la médaille du service méritoire, car c’est lui qui est l’autorité d’engagement et qui autorise les frappes aériennes contre l’ennemi.

Au moment de sa nomination à Bagotville, il était lieutenant-colonel et commandait, depuis 2015, l’Escadron 409 d’appui tactique à la 4e Escadre de Cold Lake.

Même s’il monte rarement dans le cockpit d’un chasseur, le colonel Radiff est heureux dans une tâche où, après 3900 heures de vol militaire, dont 1800 sur CF-18, il consacre ses énergies à soutenir de jeunes pilotes qui, à leur tour, réalisent leur rêve.