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Les pilotes se font rares
Le commandant de la Base militaire de Bagotville, le colonel William Radiff

Encore des travaux pour 10 à 15 ans

Le commandant de la Base militaire de Bagotville, le colonel William Radiff, évalue qu’elle recevra encore pendant 10 à 15 ans des investissements importants pour la construction d’infrastructures, comme les travaux en cours pour l’érection d’un nouveau hangar de près de 50 M $.

« Si j’étais un homme d’affaires œuvrant dans la construction au Saguenay, j’entreprendrais tout de suite les démarches pour obtenir mes accréditations de cotes de sécurité », dit-il.

Avec l’évolution des technologies, les choses ont beaucoup changé, et elle est finie l’époque où n’importe qui pouvait venir travailler sur une base militaire. Les entrepreneurs devront être capables d’œuvrer dans un environnement de secrets militaires. Pour ça, il faut s’y prendre à l’avance pour obtenir le O.K. ».

« Les critères de sécurité augmentent, même pour nous. Lorsque nous aurons de nouveaux avions, que ce soit le F-35 ou le F-18 E, ou même l’Eurofighter, nos techniciens vont être obligés d’avoir une cote de niveau trois, celle de Top secret, au lieu de Secret », donne en exemple le commandant.

Lorsque le Canada aura décidé quel avion de chasse va remplacer les CF-18, Bagotville va mettre en branle les travaux pour déménager la Zone d’alerte, le « QRA », au sud de la piste 11-29 pour l’éloigner de la route 170. À ce moment, Bagotville sera le théâtre de travaux de construction importants, car l’ère des immenses hangars sera terminée. Peu importe l’avion choisi, ce seront des hangars individuels pour chacun, comme cela se fait déjà aux États-Unis. Ça permettra d’économiser une fortune en frais de chauffage.

« À moins 30, les techniciens doivent attendre au moins 30 minutes avant de pouvoir aller travailler dans nos hangars si on a ouvert les portes pour faire sortir un ou deux avions. Le chauffage représente notre plus grosse facture l’hiver, » explique le colonel Radiff.

F-18 australiens
Lors d’un de ses derniers passages au Saguenay, le premier ministre Justin Trudeau a fait allusion à l’achat des 18 F-18 australiens pour venir appuyer les efforts de la chasse canadienne. Le colonel Radiff ne sait pas si le contrat a été signé, mais assure qu’il mène des discussions avec son collègue de Cold Lake, le colonel Paul Doyle, pour se répartir les appareils.

Quelques-uns iront à l’escadron 410 pour la formation des pilotes, et les autres seront utilisés pour rééquilibrer les escadrons de chasse (401 et 409 à Cold Lake ; 433 et 425 à Bagotville), en ajoutant des avions là où il en manque.

Quant aux nouveaux chasseurs, les militaires ne commentent pas ce dossier hautement politique. Le colonel Radiff connaît la date à laquelle la flotte de CF-18 sera arrivée à sa fin de vie utile, une information qu’il ne peut dévoiler. Mais il assure que les hauts dirigeants travaillent à l’élaboration des scénarios de remplacement des CF-18 à mesure qu’ils seront retirés de la flotte.

Pour ce faire, ils jonglent avec plusieurs variables, car la capacité du manufacturier à livrer les nouveaux appareils ne sera pas la même selon qu’on choisira le F-35 – un avion de cinquième génération – le Super Hornet E ou l’Eurofighter, deux chasseurs de quatrième génération et demie.

« Les avions de cinquième génération vont changer la guerre aérienne autant que l’arrivée des sous-marins l’a fait pour les batailles navales. »

La phrase n’est pas de lui, mais le colonel Radiff l’a adoptée, tellement elle décrit bien la révolution que représenterait le F-35 pour l’Aviation royale canadienne.

Tout en respectant son devoir de réserve, il rappelle que lorsque les conservateurs de Stephen Harper ont pris la décision d’acheter cet appareil pour remplacer la flotte de CF-18, avant que le gouvernement Trudeau décide de reprendre le processus d’appel d’offres, il était à la Direction – Besoins en ressources aériennes à Ottawa, où il travaillait au projet du chasseur de prochaine génération.

À cette occasion, il a eu la chance de piloter le simulateur du F-35 et fut à même de constater les capacités incroyables de cet avion sur lequel on en dit beaucoup, tout en restant loin de la vérité.