Le Zoo sauvage de Saint-Félicien doit se départir de ses trois phoques puisque l’habitat actuel ne convient plus à ses standards de qualité.

Les phoques quittent Saint-Félicien

Le Zoo sauvage de Saint-Félicien doit se départir de ses trois phoques puisque l’habitat actuel ne convient plus à ses standards de qualité.

La direction a fait l’annonce de cette décision difficile, vu l’attachement à leurs bêtes. Comme la construction d’un nouvel habitat à l’eau salée aurait été trop onéreuse, le Zoo a donc décidé de les transférer au zoo d’Edmonton.

« Le Zoo sauvage est accrédité par les Aquariums et zoos accrédités du Canada (AZAC) depuis de nombreuses années. Les normes d’accréditation changent constamment en nombre et en exigence afin de refléter les avancements de la science et des connaissances dans le domaine du bien-être animal et de l’éthique animale. L’an dernier, l’AZAC a décidé d’inclure les Lignes directrices sur les soins et l’utilisation des mammifères marins du Conseil canadien de protection des animaux (CCPA) dans ses normes. Le CCPA stipule que les mammifères marins doivent être gardés en eau salée dans leur milieu de vie. Ce qui n’est pas le cas actuellement pour les phoques communs dans leur habitat au Zoo », explique-t-on dans un communiqué. 

Un nouvel habitat des phoques était prévu dans le Plan de développement du Zoo, car l’actuel est désuet, mais les évaluations pour en construire un à l’eau salée dépassaient les prévisions budgétaires. « Ça représentait des investissements de plusieurs millions de dollars en plus des frais d’entretien annuels qui sont très importants. Nous avons visité les installations de l’aquarium de Québec et nous avons constaté les défis techniques d’un bassin d’eau salée, nous avons préféré ne pas nous lancer dans ce type de technologies », explique Christine Gagnon, directrice conservation et éducation

Il s’agit d’un coup dur, car les phoques étaient très populaires auprès des visiteurs. La direction pense que les nouveaux habitats qui seront construits dans le cadre du Plan de développement viendront combler ce vide. « Il peut être intéressant de souligner que la tendance actuelle des zoos est d’offrir des milieux de vie plus grands aux animaux sous leurs soins, quitte à présenter moins d’espèces. La mouvance vers moins d’animaux, mais mieux présentés, rejoint enfin ce que le Zoo sauvage pratique et prône depuis des années », souligne la directrice générale Lauraine Gagnon. 

Les trois femelles âgées de 12, 13 et 18 ans s’envoleront en novembre pour le Edmonton Valley Zoo en Alberta, un zoo accrédité par l’AZAC. « Nos animaux y trouveront un magnifique et récent habitat à l’eau salée et des professionnels dévoués, tout comme les nôtres, qui veilleront à leur acclimatation dans leur nouvel environnement. Le Zoo sauvage remercie le zoo d’Edmonton pour sa collaboration dans l’accueil de nos précieux pensionnaires », a affirmé Christine Gagnon.

Les phoques sont présents au zoo depuis de nombreuses années. Leur habitat est le plus ancien du site. « Les employés les verront partir à grand regret, mais aimer les animaux c’est prioriser leur bien-être sur nos propres désirs. Et c’est ce que l’équipe du Zoo a le courage de faire. Les visiteurs aussi seront attristés par leur départ, car les mammifères marins sont des animaux fascinants à observer et intrigants dans leur adaptation au milieu aquatique, tellement loin de notre réalité terrestre », souligne-t-elle. 

La direction mentionne que même si l’habitat n’était pas adéquat, jamais il n’a été question que l’AZAC lui retire son accréditation.