Les députés péquistes Sylvain Gaudreault, Mireille Jean et Alexandre Cloutier.

Les péquistes dénoncent la centralisation

La centralisation dans les secteurs de la Santé, de l'Éducation, des Forêts et de la Culture, ainsi que la disparition des mécanismes de concertation dans la région figurent au nombre des principaux constats faits par les trois députés péquistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Alexandre Cloutier, Sylvain Gaudreault et Mireille Jean considèrent que le premier ministre Philippe Couillard est devenu un visiteur dans son comté.
Les députés péquistes ont présenté leur traditionnel bilan annuel dans le cadre du Cercle de presse du Saguenay, mercredi. Ils ont fait un retour sur les principaux enjeux de la dernière année et celui de la centralisation des services gouvernementaux est apparu comme un élément majeur du gouvernement libéral.
«Uniquement pour le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux, il y a eu six démissions, dont celle de Joan Simard, qui a été assez révélatrice du malaise qui persiste. On a aussi le projet Optilab qui est une autre centralisation. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'a plus de direction régionale du ministère de l'Éducation et celles du ministère des Forêts et de la Culture ont été fusionnées avec la Côte-Nord», énumère le député de Jonquière qui a dirigé l'opposition officielle pendant l'intérim entre la démission de Pierre Karl Péladeau et l'élection de Jean-François Lisée.
«Un tel vent de centralisation n'a pas soufflé sur le Québec depuis la Révolution tranquille, a poursuivi Sylvain Gaudreault, et rien n'indique que l'actuel gouvernement a l'intention de freiner cette politique qui coûte des emplois et des services à la population. La centralisation actuelle a éliminé des gains réalisés depuis quelques années par rapport aux grands centres.»
Sur ce point, Alexandre Cloutier attire l'attention sur la décision du gouvernement du Québec de couper les vivre à l'organisme MigrAction dans la foulée de l'abolition de la CRÉ. Le député de Lac-Saint-Jean met cette décision gouvernementale en perspective avec les statistiques désastreuses sur la fluctuation à la baisse de la population régionale dans les prochaines années.
Désinvestissement
Il est clair, selon le député, que cette diminution de la population ne fait qu'accentuer le désinvestissement dans la région, amplifiant ainsi les problèmes économiques qui sont le lot du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis l'élection de Philippe Couillard.
«Encore hier, j'ai manifesté avec les agriculteurs pour dénoncer l'augmentation de la taxe pour les agriculteurs. Le rapport d'un bureau de comptable reconnu est tombé et les agriculteurs de la région devront faire face à cette nouvelle augmentation des taxes foncières. Le premier ministre Philippe Couillard était dans son bureau et n'a pas cru bon descendre pour rencontrer les agriculteurs.»
La députée Mireille Jean a de son côté apprivoisé son nouveau rôle à l'Assemblée nationale du Québec. Elle rejoint ses collègues sur les problématiques de la dernière année, mais retient surtout les effets dévastateurs de la politique d'austérité menée par le gouvernement du Québec. «J'ai reçu à mon bureau des représentants de plusieurs organismes communautaires qui donnent des services aux plus démunis et les gens sont désespérés puisqu'ils ont vu leurs moyens diminuer, au cours de la dernière année.»
La députée note aussi qu'il y a un véritable problème de concertation dans la région alors que personne n'assume cette fonction autrefois dévolue à la CRÉ. La nouvelle structure mise en place avec les élus municipaux a eu pour effet d'exclure toute la société civile du débat, note-t-elle.
Le bilan libéral «peu impressionnant»
Les trois députés péquistes de la région jugent que la présence du premier ministre Philippe Couillard n'a eu aucun impact majeur pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. «Il n'y a pas une journée où je ne rencontre pas un entrepreneur qui me fait remarquer qu'il n'y a pas de projet majeur dans la région. Le premier ministre doit faire en sorte que des investissements importants soient réalisés en 2017 pour relancer l'économie régionale.»
Dans les événements politiques qui ont marqué la dernière année, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a cité en exemple la montée du populisme avec l'élection de Donald Trump aux États-Unis. Selon M. Cloutier, il faudra surveiller les impacts de cette élection sur l'économie régionale qui dépend en grande partie des exportations vers les États-Unis alors que le président Trump a fait preuve d'une vision protectionniste de l'économie américaine.
La députée Mireille Jean affirme que l'on ne doit pas ignorer le phénomène du populisme et qu'il faut accueillir cette réalité pour être en mesure de bien la comprendre et de la contrer. L'arrivée de Rambo dans le paysage politique n'a pas encore créé de vague, selon Sylvain Gaudreault, et il y aura toujours des gens, un peu comme le fait François Legault, pour proposer des solutions faciles à des problèmes complexes. La façon de combattre ce phénomène, selon les députés, est de rester près des préoccupations de la population et surtout d'écouter les citoyens.
Le caribou forestier s'est invité au Cercle de presse du Saguenay. Les députés péquistes déplorent que le gouvernement du Québec ait attendu aussi longtemps avant de réagir face à la menace d'une intervention unilatérale du gouvernement canadien, lequel pourrait décréter des mesures de protection si jamais celles du Québec sont jugées insuffisantes. L'intervention initiale du gouvernement fédéral a eu lieu en 2012. Quatre ans plus tard, Québec tente de récupérer, selon les députés souverainistes. Ces derniers ne sont pas plus impressionnés par la stratégie du gouvernement dans la crise du bois d'oeuvre qui reprendra dans quelques mois avec les États-Unis. Même son de cloche en ce qui concerne la surtaxe de 18% imposée sur les exportations de papier surcalendré des usines de Dolbeau et Kénogami.