Les parents plus stressés qu’à l’habitude en raison de la pandémie

Difficulté à concilier télétravail et famille, isolement, enfants trop souvent devant les écrans : la pandémie de COVID-19 a été une source de stress et d’inquiétudes pour une majorité de parents, selon une enquête menée par Statistique Canada.

« Le confinement est un stresseur supplémentaire pour les familles, explique le psychologue Johan Autruc-Colcombet. On a des gens qui viennent consulter pour des problèmes spécifiques au confinement : perte d’emploi, télétravail, etc. »

Selon les chiffres de Statistique Canada recueillis auprès de 32 000 personnes, 74% des parents se disent préoccupés par la conciliation travail-famille pendant la pandémie. Deux personnes sur trois se sont dites « extrêmement préoccupées par la gestion des comportements, des niveaux de stress, de l’anxiété et des émotions de leurs enfants ».

Malgré tout, de nombreux parents réservent un temps pour que leurs enfants jouent dehors ou pratiquent la lecture. Deux participants à l’étude sur trois ont affirmé que leurs enfants lisaient et jouaient dehors presque chaque jour.

Il est important de normaliser ce stress dans les familles, selon Johan Autruc-Colcombet. « Tout le monde a été au moins un petit peu plus stressé que d’habitude par la situation », dit-il.

La réouverture des garderies et des services a été un soulagement pour plusieurs parents. « On a eu une hausse des demandes pour la garderie, explique Annie Verreault, technicienne en travail social à la maison des familles La Cigogne à Alma. On a senti un petit épuisement. La réouverture donne un répit. »

Les services de La Cigogne ont été très populaires depuis la réouverture. Des ateliers sur le deuil chez les enfants ainsi que l’épicerie communautaire ont attiré beaucoup de monde.

Pour soutenir les familles, les organismes ont dû adapter leur offre. La Cigogne a offert des lectures de contes et des ateliers scientifiques sur la plateforme Zoom pendant le confinement. Ils ont aussi développé un service de livraison pour l’épicerie communautaire. « Les parents aiment ça recevoir des services à domicile. On avait déjà remarqué ça au courant des dernières années », dit Annie Verreault.

Nouveaux parents

La situation peut représenter des défis supplémentaires pour les nouvelles familles. « La transition parentale est déjà une période marquée par le stress », explique le Dr Autruc-Colcombet.

À la maison des familles La Cigogne, on note une augmentation des inscriptions aux formations pour les nouveaux parents. « D’habitude, à ce temps-ci de l’année, j’ai seulement quelques noms. En ce moment, je pourrais déjà faire un groupe », explique Mme Verreault. Cet engouement est encore plus surprenant en sachant que la maison des familles n’a fait aucune publicité.

Le Dr Johan Autruc-Colcombet invite les parents à ne pas attendre pour demander de l’aide. « Il ne faut pas hésiter à demander à sa famille et à ses amis. Ils sont là pour ça. C’est mieux de demander de l’aide trop tôt que trop tard », explique-t-il.

Le fait d’accepter la situation de crise et d’assumer qu’il est impossible de la changer aide grandement les parents, croit le psychologue. « Si je suis un peu résistant, si je m’attarde trop à des pensées négatives, c’est de l’énergie gaspillée pour s’adapter à la réalité. »

Beaucoup de recherches sont faites sur le stress occasionné par différentes crises sur les nouvelles familles. Des chercheurs de l’Université McGill travaillent par exemple sur les conséquences de la crise du verglas. « C’est peut-être un peu tôt pour l’instant, on est encore dans la crise. Il faudra voir ce que les recherches nous diront sur le sujet », explique le Dr Autruc-Colcombet.