Le major Marc-André Asselin, pilote, l’animateur Richard Courchesne, le capitaine Stéphane Bouchard, instructeur d’OSCA, le caporal-chef Shawn James, instructeur OP DEA, le major Olivier Houle, responsable de l’entretien du Gonzo, le major David Belley, le capitaine Mathieu Beaumier, pilote, et le journaliste Normand Boivin, devant le Gonzo.

Les OSCA sont les yeux des pilotes

Assis devant leurs écrans, ils sont les yeux des pilotes et souvent, leur ange gardien en zone de combat. Les officiers de systèmes de combat aérien, les OSCA, comme on les appelle, occupent un métier méconnu. Mais ce sont eux qui vont guider le Hercules ou le C-295 – le nouvel avion fabriqué par Airbus qui va remplacer le Buffalo – vers un militaire en détresse en zone ennemie, ou l’avion de patrouille maritime Aurora vers un sous-marin ennemi ou un trafiquant de drogues.

On les voit aussi à bord des Cyclones, les hélicoptères embarqués de la marine canadienne, et derrière le pilote de l’Alpha Jet pour faire la vie dure aux pilotes de CF-18 pendant leur entraînement.

Les OSCA reçoivent leur formation à l’Escadron 402 de Winnipeg, dans le Gonzo. Pas très beau, c’est un DASH-8 comme ceux qu’exploite Air-Canada JAZZ, mais modifié. C’est l’immense radar logé dans son gros nez qui lui vaut ce surnom venu d’un personnage des Muppets.

Le major David Belley est originaire de Jonquière.

Pour se faire connaître, ils ont invité quelques membres de la presse régionale à un exercice de sauvetage mené au nord du Saguenay, vendredi, pendant les préparatifs du Spectacle aérien international de Bagotville qui se tient samedi et dimanche.

Pour les besoins de la cause, un scénario avait été bâti, comme on le fait habituellement pour l’entraînement des étudiants. Un cours qui dure douze mois, mais qu’on espère ramener à neuf.

Sur la carte du Saguenay–Lac-Saint-Jean, une ligne passant au nord du lac Poulin de Courval délimitait la zone ennemie. Un militaire allié était réfugié dans une baie au sud du réservoir Pipmuacan, complètement dépourvu. Le but de l’opération était de lui parachuter du matériel de survie. Or, chemin faisant, le Gonzo devait éviter des zones sous contrôle radar ennemi, un secteur ami où il y a du tir d’artillerie, et un secteur où le Gonzo devait éteindre son radar, qui aurait pu être détecté, obligeant le technicien à guider le pilote avec un autre mode de navigation.

L’arrière du Gonzo est réservé aux opérateurs d’appareils radar et de détection.

« Pendant le vol d’entraînement, on peut ajouter des difficultés imprévues », explique le major David Belley, originaire de Jonquière. Pibrac, pour être plus précis. Des nuages peuvent apparaître sur l’écran où les zones radars identifiées par les services de renseignements peuvent changer, obligeant l’étudiant à calculer une nouvelle route.

Rivé devant son écran, il suit la progression de l’avion sur l’image révélant le relief.

La mission à laquelle a participé Le Progrès, d’un peu plus d’une heure, s’est très bien déroulée. Au lieu de voler à 5500 pieds comme prévu, en raison de la turbulence, on a adopté une altitude plus confortable de 9500 pieds jusqu’au moment où il a fallu larguer l’équipement de survie à 1000 pieds au-dessus du sol.

Seul incident, les pilotes ont dû faire un break à gauche en finale pour la piste 29 à Bagotville afin d’éviter un tir de missile, faisant prendre au DASH-8 quelques G (unité d’accélération) plutôt inhabituels pour ce genre d’appareil, ce qui fait qu’il est l’objet d’une maintenance toute particulière dans l’Aviation royale canadienne.

En plus des OSCA, l’Escadron 402 forme les opérateurs de détecteurs électroniques aéroportés (OP DEA) des hommes de rang. Ils sont chargés notamment du largage des bouées de détection de sous-marins à partir des Aurora et de systèmes de caméras. Leur formation est de six mois.

+

DE LA CLARINETTE AUX SYSTÈMES DE COMBAT

Le major David Belley est devenu officier de systèmes de combat aérien (OSCA) en 2009. Celui qui a eu deux fils, maintenant âgés de 15 et 12 ans, avec sa conjointe, Geneviève Paris, originaire d’Arvida, s’est enrôlé en 1993 dans le régiment du Saguenay à l’âge de 16 ans. Il a joint «la musique» dans la régulière comme joueur de clarinette en 2000, pour finalement aboutir dans les systèmes de combat aérien, un métier qu’il enseigne depuis 2017.

Le Jonquiérois a passé quatre ans à la base d’opérations de Top Aces, à Ottawa, d’où, à bord d’Alpha Jet, il participait aux exercices d’entraînement des pilotes de CF-18 en leur faisant des misères à l’aide de ses systèmes de brouillage, où il attaquait des bateaux sur la côte Est. «On a des systèmes pour ‘‘jammer’’ leurs radars», dit-il.

Par la suite, il s’est joint à la 2e Escadre pour un tour au sol de 2014 à 2017, ce qui lui a permis de revenir au Saguenay.