La biologiste Sonya Lévesque affirme que les données à long terme sur les menés du littoral du lac Saint-Jean vont permettre d’en apprendre un peu plus sur la capacité biologique du plan d’eau.
La biologiste Sonya Lévesque affirme que les données à long terme sur les menés du littoral du lac Saint-Jean vont permettre d’en apprendre un peu plus sur la capacité biologique du plan d’eau.

Les opérations de prélèvement reprennent dans le lac Saint-Jean

La deuxième saison du projet d’acquisition de connaissances sur les poissons fourrages dans la zone littorale du lac Saint-Jean débutera dans quelques jours alors que les équipes procéderont à des opérations de prélèvement sur 166 stations réparties sur le pourtour du plan d’eau.

Il s’agit d’un ambitieux projet de dix ans qui va permettre de connaître une autre facette de la productivité biologique du lac Saint-Jean. L’abondance de ces petits poissons, que les riverains désignent comme « les menés », a une influence sur l’ensemble de la chaîne alimentaire des poissons de plus grande taille, et que les pêcheurs recherchent, comme le doré jaune.

Le projet est sous la responsabilité du Conseil de gestion durable du lac Saint-Jean et a été confié à la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Sur le terrain, la biologiste Sonya Lévesque dirige deux équipes, lesquelles sont appuyées par du personnel technique du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Le projet a été initié au terme des dernières audiences publiques sur le programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean, alors que Rio Tinto demandait une prolongation de dix ans du programme.

« Les gens vont nous croiser sur le lac Saint-Jean dans les prochaines semaines. Il y a une perception qu’il y avait de plus grandes quantités de menés sur le bord du lac. Ça remonte à l’époque où les pêcheurs avaient le droit de les utiliser pour pêcher la ouananiche », explique la biologiste.

Le projet de recherche devrait permettre de construire une base de données afin de dégager des tendances. Les chercheurs vont évaluer principalement huit types de menés, lesquels constitueront les principales espèces du projet.

Historiquement, les chercheurs disposent de deux prises de données de courte durée réalisées par Rio Tinto depuis le début du programme de stabilisation. Ces prises de données concluaient qu’il y avait présence de menés, donc une productivité biologique. Les biologistes du ministère ont toutefois contesté les conclusions des consultants de Rio Tinto en évoquant le peu de données recueillies lors de ces évaluations. Il a donc été convenu, après les audiences, de réaliser une étude plus longue.


« Les gens vont nous croiser sur le lac Saint-Jean dans les prochaines semaines. Il y a une perception qu’il y avait de plus grandes quantités de menés sur le bord du lac. Ça remonte à l’époque où les pêcheurs avaient le droit de les utiliser pour pêcher la ouananiche. »
Sonya Lévesque

« C’est toujours difficile en science de se faire une idée juste quand il n’y a pas suffisamment de données. Avec cette étude, on va pouvoir vérifier s’il y a une augmentation du nombre de menés ou une diminution, et si c’est stable. Il sera aussi possible de comparer nos résultats avec ceux obtenus par Rio Tinto dans les années 1980 et au milieu des années 1990 », reprend la biologiste.

Cette fois, les chercheurs ont pris les moyens pour avoir un portrait réaliste de tous les milieux sur le pourtour du lac Saint-Jean. Il vont jeter les filets sur 160 sites. « C’est pratiquement un relevé par kilomètre de berges. On a un portrait sur dix ans et pour chaque année sur tout le pourtour du lac. »

Les travaux de recherche réalisés au cours des dernières années ont principalement porté sur l’éperlan. Cela a conduit à l’aménagement des pyramides à éperlan pour augmenter la survie des oeufs et le nombre d’éperlans, qui sont à la base de l’alimentation de la ouananiche et, en partie, du doré jaune. La présente étude vise sensiblement le même objectif, lequel consiste à déterminer la capacité biologique le long du littoral.

L’idée circule dans le milieu voulant que les grands travaux de stabilisation des berges, avec le rechargement des plages et la construction des structures de pierre, ont été nuisibles aux stocks de menés. La biologiste affirme qu’il n’est pas question, dans cette recherche, de lancer la pierre, mais bien d’avoir le portait le plus juste possible de l’état du littoral du lac Saint-Jean.

Les relevés de la première année de l’étude ont permis de dénombrer 4500 menées de 1 an et plus et 130 000 menés de 0 à 1 an. Ça représente beaucoup de petits poissons, selon la biologiste. Il est impossible d’aller plus loin dans l’interprétation de cette donnée pour le moment.