La Base militaire de Bagotville fonctionne avec des effectifs réduits, mais demeure pleinement opérationnelle pendant la crise de la COVID-19.
La Base militaire de Bagotville fonctionne avec des effectifs réduits, mais demeure pleinement opérationnelle pendant la crise de la COVID-19.

Les opérations de défense toujours maintenues à Bagotville

Comme le reste du pays, la Base militaire de Bagotville doit se soumettre aux impératifs de la pandémie du coronavirus. Depuis mardi matin, tout le personnel non essentiel aux opérations est à la maison. « Mais la Base demeure opérationnelle et peut remplir pleinement sa fonction de défense du Canada et de l’Amérique du Nord », précise Nadine Belley-Traore, porte-parole du cabinet du commandant, le colonel Normand Gagné. En jargon militaire, on la dit en « posture opérationnelle exceptionnelle ».

Concrètement, tous les vols nécessaires à sa mission continuent et le personnel requis pour ce faire est à son poste. Mais tous ceux qui peuvent faire du télétravail, civils et militaires, sont à la maison. Télétravail ou non, ceux qui ne sont pas essentiels pour les opérations sont aussi à la maison. « Mais ils ne sont pas en congé. Ils sont considérés en service et en cas de besoin, ils devront se présenter sur la base », poursuit Mme Belley-Traore.

Évidemment, pas question de dire combien d’employés sont touchés. Tout ce qui concerne les capacités opérationnelles d’une base militaire sont des informations hautement confidentielles et on ne peut savoir combien de gens, sur les quelque 2000 personnes civiles et militaires travaillant à Bagotville, sont nécessaires à son fonctionnement.

L’heure juste

Cette directive de réduction du personnel émane du chef d’État major de la Défense, le général Jonathan Vance, et de la sous-ministre adjointe à la Défense. Lundi, tout le personnel était au travail et la chaîne de commandement a expliqué la teneur des mesures appliquées mardi matin, pour qu’il n’y ait aucune zone grise.

Selon Nadine Belley-Traore, il n’y a pas que les conditions sanitaires qui motivent cette façon de faire. « Compte tenu qu’il n’y a pas d’écoles ni de garderies, il faut penser à notre personnel et aider nos gens à passer à travers la crise par le télétravail et la présence à la maison. »

Quant à ceux qui doivent se présenter au travail – certains membres du personnel administratif, de soutien, techniciens et pilotes –, ils doivent respecter de strictes mesures d’hygiène. « Nous gardons des distances de deux mètres, nous désinfectons les poignées de porte et les objets que nous touchons, entre autres », ajoute Mme Belley-Traore.

Isolement

En plus de ces mesures préventives, Bagotville doit composer avec des membres de son personnel qui ont été déployés ailleurs dans le monde et qui sont de retour au Saguenay depuis peu. Ceux-ci sont en auto-isolement pour une période de 14 jours suivant leur retour.

« Nous agissons sur trois niveaux, conformément aux directives du médecin-chef de la base », poursuit la porte-parole.

Le premier niveau, c’est la quarantaine pour une personne chez qui on a testé la présence du coronavirus. Il n’y en a aucune au Saguenay. Le deuxième niveau est l’auto-isolement pour une période de 14 jours qui touche le personnel arrivant au Canada et les personnes qui auraient eu des contacts avec une personne testée positive. Le troisième niveau est l’autosurveillance, pour ceux qui ont eu un contact avec des gens en auto-isolement. Dans leur cas, l’autosurveillance consiste à prendre sa température deux fois par jour. La personne n’a pas de restriction pour se présenter au travail si elle est essentielle à la mission, car les règles d’hygiène strictes qui règnent à Bagotville devraient assurer la sécurité de ses collègues de travail.