Désirée-Claudine Blain a surmonter de graves problèmes de dépendances et de santé mentale. Son parcours a été salué, jeudi soir, lors du dévoilement de la Victoire 2019.

Les nombreuses victoires de Désirée-Claudine Blain

Désirée-Claudine Blain a combattu de graves problèmes de dépendances à la cocaïne, au GHB et à l’alcool durant de longues années, en plus de souffrir d’anxiété et de bipolarité. Un cocktail explosif qui l’a menée plus d’une fois à l’hôpital et quatre fois en cure, mais qu’elle a réussi à surmonter après plusieurs tentatives. Sobre depuis quatre ans et en contrôle de sa santé mentale, Désirée-Claudine Blain a été nommée Victoire 2019 de la Fondation de ma vie.

Depuis quatre ans, la Fondation de ma vie célèbre une femme au parcours hors norme, dans le cadre de la campagne Victoire. Une cause est choisie, dans le but de sensibiliser la population. Après le cancer du sein, les naissances multiples et les troubles alimentaires, la Fondation de ma vie avait cette année arrêté son choix sur les dépendances et la santé mentale. Entourée de marraines touchées par cette cause, une Victoire est nommée chaque année, histoire de célébrer son cheminement.

Désirée-Claudine Blain n’a pas hésité une seconde lorsque la fondation l’a approchée. La mère d’un ado de 16 ans a eu des problèmes de dépendance à la drogue et à l’alcool de 26 à 33 ans.

« Tout a commencé lorsque je me suis embarquée dans une relation très toxique. J’ai vécu de la violence verbale, physique et sexuelle. J’ai commencé à consommer du pot, puis du GHB pour me relaxer. Ensuite, afin d’être capable de fonctionner dans ma vie de tous les jours, je consommais de la cocaïne. Ç’a duré plusieurs années avant que mon entourage s’en rende compte. À 33 ans, lorsque j’ai voulu arrêter le GHB et la cocaïne, c’est là que je suis tombée dans l’alcool », explique Mme Blain, qui pouvait facilement boire douze bières par jour à cette époque. Un problème qui est arrivé dans la trentaine, alors qu’elle ne consommait pratiquement pas d’alcool avant.

Manon Gravel, coordonnatrice aux événements de la Fondation de ma vie, et l’artiste- maquilleuse Véronique Girard entourent la Victoire 2019, Désirée- Claudine Blain.

La Victoire 2019 a également souffert de graves troubles anxieux, en plus de recevoir un diagnostic de bipolarité. « Disons que je carburais aux stupéfiants et à l’alcool, car je souffrais énormément. J’étais battu à la maison et j’avais toujours peur », souligne-t-elle.

Désirée-Claudine Blain a fait quatre séjours au Centre de réadaptation en dépendance de Jonquière. Elle a aussi fréquenté le Groupe de ressources pour le trouble de panique (GRTP). « Mon corps était à zéro. J’ai dormi des 16 heures par jour durant un an pour me remettre de cette consommation de cocaïne, d’alcool et de GHB. Je pesais 80 livres à mes pires moments et j’en pèse 140 aujourd’hui ! », se remémore celle qui est fière du chemin qu’elle a parcouru jusqu’à maintenant. Elle continue de se rendre fréquemment aux réunions des narcotiques anonymes et se réalise en faisant du bénévolat auprès de personnes aux prises avec des dépendances et des problèmes de santé mentale.

« Souvent, les deux vont ensemble. C’est en redonnant aux autres qu’on réussit à conserver ce qu’on nous a donné. C’est très important pour moi de m’impliquer et de parler de mon parcours comme je le fais avec Victoire », souligne-t-elle.

Aujourd’hui, Désirée-Claudine Blain ne consomme plus. « C’est certain que si je prends une bière, je retombe et je ne veux pas me ramasser comme je l’étais il y a quatre ans. Je me sens bien aujourd’hui et j’ai pu arrêter la médication également, toujours en supervision avec mon psychiatre. Ç’a été un long et difficile processus, mais c’est derrière moi, et je vais bien », affirme celle qui est retournée aux études en éducation à l’enfance. Elle termine actuellement ses stages, précise-t-elle, avec le sourire.

Le parcours et les réussites de la Victoire 2019 ont été salués, jeudi soir, lors d’une soirée organisée à La Pulperie de Chicoutimi.

Objectif 2019

L’objectif du projet Victoire est d’amasser des fonds afin de soutenir l’amélioration des soins et services en santé mentale et en dépendance au Saguenay–Lac-Saint-Jean. En collaboration avec le Fonds de dotation santé Jonquière et la Fondation Équilibre, des projets seront ainsi déployés, comme l’ajout d’ateliers, l’achat d’équipements et l’amélioration des milieux de vie.