Les préfets Gérard Savard (MRC Domaine-du-Roy), Jean-Pierre Boivin (MRC Maria-Chapdelaine) et André Paradis (MRC Lac-Saint-Jean-Est) ont fait état de leur insatisfaction quant à la «gestion Rio Tinto».

Les MRC prévoient tout mettre sur la table

Les trois MRC riveraines du lac Saint-Jean vont se concerter activement pour préparer leur participation à la consultation publique du gouvernement du Québec sur le programme de stabilisation des berges. Elles souhaitent tout mettre sur la table, incluant les privilèges consentis à la multinationale Rio Tinto Alcan au début du siècle relativement au niveau de gestion à 17,5 pieds.
Devant le Cercle de presse du Saguenay, hier, les préfets des MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis, Domaine-du-Roy, Gérard Savard, et Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, ont tour à tour fait état de leur insatisfaction quant à la «gestion Rio Tinto», pour marquer une distinction entre les détenteurs actuels des droits et le comportement de la compagnie Alcan il y a quelques années.
«On peut penser à une baisse du niveau d'eau avant la période des grands vents d'automne quitte à le remonter après», a lancé Jean-Pierre Boivin. Ce dernier évoque la disparition à terme de l'île Boulianne qui constitue une protection naturelle pour tout le secteur de Péribonka et Vauvert, ce dernier endroit étant l'un des plus beaux sites de villégiature avec des plages exceptionnelles.
La forme exacte de la structure que les MRC vont mettre en place n'est pas encore définie, mais le préfet André Paradis a parlé d'une permanence avec les ressources nécessaires pour structurer la participation des MRC à la consultation et aux audiences publiques puisqu'il est déjà assuré que des groupes vont réclamer la tenue de ces audiences. Hier, le maire de Saint-Henri-de-Taillon a révélé que l'ex-maire d'Alma, Gérald Scullion, qui a participé activement aux audiences publiques au début des années 1980, pourrait reprendre du service.
Les dommages ne constituent pas le seul problème, aux yeux du préfet de la MRC Lac-Saint-Jean, qui a sur son territoire les plus grandes plages du pourtour du lac. André Paradis se souvient d'une époque où les plages étaient constituées de véritable sable et non de gravillon, comme c'est devenu le cas aujourd'hui. Dans une perspective de développement touristique, les municipalités sont sensibles à cette réalité.
Le préfet Gérald Savard, l'un des fondateurs de Riverain Lac-Saint-Jean 2000, est déjà convaincu que RTA va débarquer avec ses spécialistes de la communication pour démontrer comment l'entreprise s'occupe bien des berges qui, sans son intervention, s'éroderaient. Il ne serait pas plus surpris que la multinationale invoque en trame de fond le chantage économique, en mettant dans la balance les emplois contre les berges. Les préfets sont sensibles à l'argument économique, mais voudraient bien que la multinationale saisisse l'opportunité de trouver des solutions harmonieuses pour éviter les scénarios des dernières années.
«C'est bien beau le rechargement, mais si ça continue, on va se retrouver avec une mare et deux pouces d'eau», illustre Gérald Savard. Il a cité en exemple la grande baie de Chambord qui n'est pratiquement plus fréquentée par les pêcheurs pour différentes raisons.
Le travail de préparation est déjà amorcé au sein de certains groupes de pression. Certaines personnes se consacrent à l'analyse du rapport détaillé du BAPE du début des années 1980 ainsi que des recommandations qu'il contenait. Il faut noter que les recommandations contenues dans ce rapport n'ont pas toutes été retenues par le gouvernement du Québec, lequel a surtout encadré la procédure des travaux de stabilisation avec des niveaux de gestion en fonction des périodes printanières, d'été et d'automne.