Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.
Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

Les manufacturiers souffrent toujours de la pénurie de main-d’oeuvre

Malgré la hausse fulgurante du taux de chômage dans les derniers mois, la pénurie de main-d’oeuvre continue d’affecter sérieusement les entreprises manufacturières du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Une vingtaine de PME de la région ont participé, mercredi, à la tournée de consultation menée par Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ). Cette tournée québécoise vise à échanger sur le contexte lié à la pandémie et surtout sur les conditions gagnantes que peut mettre en place le gouvernement pour que ces entreprises puissent jouer un rôle important dans la relance économique. Le manque de personnel demeure l’enjeu numéro un pour tous.

« On a le même problème de pénurie de main-d’oeuvre qu’il y avait avant la pandémie. Les gens affichent, mais personne ne se présente. La PCU a été mentionnée par les entreprises. Au-delà de la PCU, à l’automne, par exemple, lorsqu’elle sera terminée, l’enjeu de la main-d’oeuvre risque de se poursuivre. Le bassin de travailleurs intéressés par ce type d’emploi n’est tout simplement pas suffisant au Québec », constate Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ.

C’est pour cette raison que MEQ réclame depuis quelques années l’augmentation des seuils d’immigration. Avant la pandémie, plus de 18 000 postes étaient à combler dans le secteur manufacturier. Et la situation n’aurait pas changé même si des milliers de personnes se sont retrouvées sans travail. Près de 75 % des postes à combler ne nécessitent d’ailleurs pas de formation spécialisée.

« Il y a définitivement un défi dans cette strate d’emploi. On avait besoin de bras avant la pandémie et on en a encore autant besoin. Rien n’a changé et c’est vraiment étonnant à première vue », ajoute Mme Proulx.

En plus de la hausse des seuils d’immigration, les entreprises demandent l’allégement des programmes qui exigent souvent beaucoup de travail administratif. Pour aider les entreprises québécoises, MEQ souhaite également que le gouvernement revoit sa politique d’appels d’offres pour intégrer davantage des produits d’ici, notamment l’aluminium vert.

« Quand on regarde les politiques publiques du gouvernement, est-ce que ça serait possible de revoir les critères tout en respectant les ententes de commerces internationaux, pour être capable de mettre de l’avant les produits d’ici? Assurons-nous de mettre de l’avant ce qu’on produit ici », exprime la PDG de MEQ.

L’organisation remarque que la plupart des entreprises vont de l’avant avec leurs investissements pour robotiser leur usine. MEQ demande d’ailleurs au gouvernement d’offrir davantage d’aide directe aux manufacturiers qui ont des projets visant à augmenter leur productivité.

« Le secteur manufacturier peut faire une réelle différence pour le retour à la croissance de l’économie québécoise, et ce, à court terme. Le gouvernement doit soutenir nos entreprises dans leurs projets de croissance pour stimuler l’économie locale, dans toutes les régions », souligne celle qui est à la tête d’un organisme qui représente plus de 1100 entreprises.

Le secteur manufacturier québécois emploie près de 500 000 personnes et représente 14 % du PIB ainsi que 89 % des exportations. En forte croissance, il a généré des ventes globales de près de 170 millions de dollars en 2019.