Le chargé de projets Frédéric Beaulieu a présenté un portrait régional des maisons des jeunes durant le colloque mercredi.

Les maisons des jeunes rivalisent d'ingéniosité

Avec des moyens de financement disparates, les maisons des jeunes (MDJ) du Saguenay-Lac-Saint-Jean rivalisent d'ingéniosité pour offrir des services intéressants à leur clientèle et veulent maintenant les faire connaître davantage.
C'est ce qui se dégage du colloque sur la réalité des maisons des jeunes au Saguenay-Lac-Saint-Jean, organisé par leur regroupement régional mercredi à Saint-Bruno. Près de 70 personnes des milieux de la santé, de l'éducation, politique et communautaire y ont participé. 
Le chargé de projet Frédéric Beaulieu a notamment présenté un portrait des MDJ dans la région. Sur 37, 27 ont répondu à l'appel. Les gestionnaires devaient répondre à un questionnaire, puis à une entrevue. La recherche étalée sur huit mois a été possible grâce à une subvention de 12 000 $ du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS).
« Une des raisons pour lesquelles on voulait faire ce travail, c'est que les milieux sont très diversifiés au Saguenay-Lac-Saint-Jean », explique le chercheur. 
M. Beaulieu cerne trois types de maisons des jeunes, soit celles en milieu urbain, celles en périphérie des grands centres et celles éloignées. Bien que les adolescents partagent une réalité semblable, les MDJ composent avec plusieurs différences. En guise d'exemple, le financement annuel le plus important dans les villes s'élève à 250 000 $, alors que le plus bas en milieu éloigné atteint à peine 5000 $.
« Les maisons des jeunes sont extrêmement créatives pour offrir autant de services avec si peu de sous, souligne la présidente du regroupement Karine Bouchard. Environ 40 % des MDJ sont fermées l'été par manque de financement. C'est sûr que c'est une préoccupation, mais nous voulons surtout aller plus loin pour promouvoir nos pratiques auprès de la population en général. »
Les MDJ sont particulièrement reconnues pour la prévention de première ligne auprès des jeunes de 11 à 17 ans. Les quatre problématiques les plus fréquentes vécues par eux, qui ont été relevées dans le portrait régional, sont la violence et l'intimidation, la consommation de drogues et d'alcool, les relations interpersonnelles et le respect verbal. Les jeunes fréquentent principalement ces établissements pour avoir un modèle adulte significatif, évoluer dans un cadre différent qu'à la maison, profiter d'un espace sans se sentir jugés et élargir leur réseau social en dehors de l'école.
« Ce qui m'a le plus impressionné durant la recherche, c'est le dévouement du personnel. Les employés sont engagés et travaillent souvent des heures bénévoles. L'esprit de communauté est beau à voir », mentionne Frédéric Beaulieu.
Parlant d'implication communautaire, celle-ci est souvent plus présente dans les maisons des jeunes en milieu plus éloigné. Cela compense les difficultés plus grandes au niveau du recrutement du personnel et du financement.
En chiffres
37
Nombre de maisons des jeunes au Saguenay-Lac-Saint-Jean reconnues par le CIUSSS
100
Moyenne de jeunes différents qui visitent une MDJ dans une année
14
Moyenne de jeunes différents qui fréquentent une MDJ par jour durant la période scolaire
18,3
Heures d'ouverture par semaine d'une MDJ en moyenne