Louis-Félix Cauchon, le président de la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec et propriétaire de Jeux Boréalys.

Les jeux du Robervalois vendus partout dans le monde

Depuis qu’il a terminé ses études supérieures en design de jeux interactifs, le Robervalois Louis-Félix Cauchon vend ses jeux aux quatre coins de la planète. Un modèle de réussite qui doit être répliqué en région, selon le maire de Roberval, Sabin Côté. Son premier jeu, Sang froid, lancé en 2013, s’est vendu à 300 000 exemplaires. Sa plus récente réalisation, Mages of Mystralia, réalisée par son entreprise, Jeux Boréalys, a déjà trouvé 250 000 preneurs partout dans le monde.

« Les produits numériques se vendent partout à travers le monde, et on n’a même pas de production de matériel à faire , soutient l’entrepreneur, qui aimerait bien développer des projets au Lac-Saint-Jean, où il a grandi. On envoie nos jeux partout à travers le monde et on importe l’argent chez nous au Québec, et idéalement, direct à Roberval dans quelques années. »

Fait à noter, il est également le premier développeur de jeux vidéo québécois – le 2e au Canada – à percer le marché chinois.

Louis-Félix Cauchon, le président de la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec, porte le toast de bienvenue aux participants.

« En Chine, il y a un comité de censure. Il faut répondre à plusieurs critères », explique l’homme, qui estime avoir de bons contacts. Par exemple, il ne faut pas qu’il y ait de squelette, de sang, d’alcool ou de liens politiques avec le communisme.

Mais pourquoi Mages of Mystralia se démarque-t-il autant sur la scène internationale ?

« Je voulais faire un jeu pour les fans de Zelda. On a élaboré un système de magie où les joueurs peuvent créer n’importe quel sort, même des sorts que je n’ai jamais vus moi-même », dit-il.

Avec son équipe de travail, qui varie de 10 à 30 employés selon les stades de production, l’entrepreneur de 38 ans travaille sur un nouveau jeu basé sur le monde de Mages of Mystralia, lequel devrait sortir en 2021.

Des développeurs de jeux vidéo qui participent au séjour de travail au Lac-Saint-Jean profitent de la vue du haut de la tour de la marina à Roberval.

+ DES RÉSULTATS À LONG TERME; D'AUTRES IMMÉDIATS

Alors que la stratégie de déploiement d’une filière numérique à Roberval s’échelonnera sur plusieurs années, l’opération charme lancée par la capitale de la nage en eaux libres pourrait générer des résultats immédiats.

C’est du moins ce que laisse présager l’expérience d’Emmanuel Floret, propriétaire de Pixel Racer, qui est à la recherche d’un domicile fixe pour son entreprise. « Je me laisse porter par le destin. Il m’a mené à Roberval, car on offrait de l’hébergement pendant un mois », soutient l’homme, qui magasine les régions pour trouver le meilleur endroit où installer son studio.

À sa première journée au Lac-Saint-Jean, il en a profité pour aller faire du vélo de montagne au Tobo-Ski de Saint-Félicien… où il a déniché un premier contrat. « J’étais en train de filmer avec une télécommande Bluetooth pour le plaisir, et Nelson Leblanc, de Vélo2Max, m’a demandé si j’étais disponible pour filmer la coupe du Québec qui avait lieu pendant la fin de semaine », raconte M. Floret.

Basé à Mont-Tremblant, il n’était pas satisfait de l’aide que la municipalité et la MRC lui fournissaient. Il est à la recherche davantage d’aide financière ou logistique pour propulser son entreprise. 

À Roberval, différentes mesures d’aide financière sont d’ailleurs disponibles pour les entreprises en démarrage ou en expansion, permettant d’avoir accès à des subventions allant jusqu’à 10 000 $. De plus, des subventions de 10 000 $ sont aussi disponibles auprès de la MRC du Domaine-du-Roy, souligne la responsable du développement, Annie Fortin. 

« On peut aussi aider certaines entreprises avec le Soutien au travail autonome, qui permet d’avoir 52 semaines de subventions salariales », dit-elle, tout en ajoutant que différentes stratégies d’investissements sont à l’étude. De plus, les entreprises pourront aussi profiter du nouvel espace de travail partagé dans les anciens locaux du Centre local de développement (CLD) à Roberval. 

Cette opération charme a été réalisée grâce à un investissement de 39 000 $, dont 30 000 $ proviennent de la Ville de Roberval, 4000 $ de la MRC du Domaine-du-Roy et 5000 $ du Fonds de développement hydroélectrique. De plus, 1500 $ de temps en ressources humaines ont été budgétés au projet. « C’est vraiment le début du développement d’une nouvelle filière », conclut Annie Fortin.