Les jeunes d'ici consomment plus de drogues et d'alcool

Les adolescents de 13 à 17 ans du Saguenay-Lac-Saint-Jean préoccupent la Direction de la protection de la jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean ; ils consomment davantage d'alcool et de drogue que ceux du reste de la province.
À l'occasion de leur 14e bilan annuel, les directions de la DPJ, dont celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean représentée par Caroline Gaudreault, directrice par intérim, et Julie Lavoie, directrice des programmes en santé mentale et dépendances,ont présenté leur bilan d'activités pour l'exercice 2016-2017. Au cours de cette période, 4870 signalements ont été enregistrés, dont 1689 ont été retenus pour un taux de 40 %. Il s'agit d'une hausse de 223 comparativement à 2015-2016. Les abus physiques (371 cas), les mauvais traitements psychologiques (338) et la négligence (318) constituent 60 % des problématiques signalées.
Selon la DPJ, si certains adolescents sont parfois calmes, d'autres traversent des périodes tumultueuses avec des moments de grande détresse, des problèmes de santé mentale et de toxicomanie nécessitant un engagement et un support collectif. 
Dans la région, dans la dernière année, on a observé qu'environ 12 % des jeunes âgés de 13 à 17 ans étaient atteints de troubles mentaux. La consommation de drogues est particulièrement préoccupante comparativement à l'ensemble du Québec, puisque 31 % des adolescents ont consommé de la drogue, soit 5 % de plus que le reste de la province. La surconsommation de cannabis est également observée puisque 30 % des jeunes en ont fait usage, comparativement à 25 % ailleurs en province.
Pour ce qui est de l'alcool, 26 % des jeunes de la région déclarent en avoir consommé avant l'âge de 13 ans comparativement à 21 % ailleurs. Dans beaucoup de cas, l'alcool est consommé de façon excessive au moins une fois dans les douze derniers mois, soit cinq consommations ou plus dans une même occasion.
Invitée à commenter ces statistiques, Mme Lavoie a déclaré que des recherches supplémentaires seront faites afin de vérifier si la surconsommation s'explique par le fait que plus de déclarations de consommation sont effectuées qu'ailleurs ou si les citoyens acceptent mieux socialement la consommation en bas âge. « Des études ont déjà démontré que dans la région, les premières consommations se font d'abord avec la fratrie et les parents », explique Mme Lavoie.
Toujours en relation avec la consommation en bas âge, Mme Lavoie rappelle que des services de prévention de la toxicomanie existent dans les écoles et qu'il y a lieu d'intervenir lorsque la consommation pose problème dans le fonctionnement quotidien des jeunes par des baisses de rendement scolaire ou absences dues à celle-ci.
Interpellée sur l'entrée en vigueur de la loi fédérale légalisant la consommation de cannabis, la DPJ régionale dit se préparer et ne cache pas certaines appréhensions. « Ce qui semble vouloir se légaliser, c'est un type de cannabis avec un taux de THC plus bas. Des campagnes de prévention se poursuivront en attendant la légalisation », affirme Mme Lavoie.
Caroline Gaudreault et Julie Lavoie
Des moments difficiles à la DPJ
Au lendemain du dévoilement d'un rapport critique sur les pratiques de la DPJ du Saguenay-Lac-Saint-Jean par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, la directrice par intérim, Caroline Gaudreault, ne cache pas que ses troupes ont le moral dans les talons.
Invitée à faire un suivi de la journée de lundi, elle n'a pas caché qu'il y a du travail à faire pour redresser la situation.
Quelques mois seulement après la publication d'un premier rapport, elle mentionne que l'effet-surprise se fait sentir une seconde fois. Selon elle, lorsque ça fait des années que des pratiques sont établies et que tu te fais dire qu'il y a dérogation, l'effet se fait sentir et c'est pourquoi elle souhaite qu'il y ait des pensées dirigées à l'endroit du personnel en place qui doit oeuvrer quotidiennement avec les difficultés des familles.
Des rencontres avec les équipes ont eu lieu dès lundi pour assurer un suivi auprès de la base.
Mme Gaudreault est consciente que la confiance du public envers la DPJ est ébranlée, mais croit possible de regagner cette confiance.
Faits saillants
12 %
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en 2016-2017, la Direction de la protection de la jeunesse évalue qu'environ 12 % des jeunes âgés de 13 à 17 ans étaient atteints de troubles mentaux.
31 %
des jeunes ont consommé de la drogue
30 %
des jeunes ont consommé du cannabis
26 %
des jeunes ont consommé de l'alcool avant l'âge de 13 ans