Les indépendants ont le vent dans les voiles

Le prochain maire de Saguenay, s’il dirige un parti politique, risque de se retrouver avec une forte opposition autour de la table du conseil.

Car un électeur sur deux (49,8 %) a l’intention de voter pour un candidat indépendant et l’autre moitié se partage à peu près également entre l’Équipe du renouveau démocratique (26,7 %) et le Parti des citoyens de Saguenay Équipe Dominic Gagnon (23,5 %). Cela signifie que si un chef de parti l’emporte, il se retrouvera avec un conseil composé à moitié d’indépendants, avec le quart provenant du parti adverse et le quart venant du sien.

Si ce devait être Arthur Gobeil ou Jean-Pierre Blackburn, il pourrait théoriquement compter sur l’appui de la moitié de la table du conseil composée d’indépendants et affronter l’autre moitié formée de représentants de l’ERD et du PCS.

Par arrondissement, on constate que les candidats indépendants sont surtout populaires à Jonquière (65 %) et La Baie (59 %). Dans ce dernier cas, l’équipe Dominic Gagnon arrive en seconde place, avec 26 %, contre 15,1 % pour les candidats de l’ERD. 

À Jonquière, les candidats sont au coude à coude avec un léger avantage pour l’ERD (18,9 %) devant le PCS (16 %).

À Chicoutimi, en revanche, les trois options sont à peu de choses près à égalité avec une légère domination des candidats de l’ERD (37,1 %) devant les indépendants (33,2 %) et les candidats du PCS (29,7 %).

Est-ce que ça donne raison au maire Jean Tremblay qui affirme que les partis politiques n’ont pas leur place à la table du conseil ? Raynald Harvey ne va pas jusque là : « Quand je vois des quartiers comme celui de Sylvie Gaudreault qui est là depuis 1992 répondre qu’ils vont voter indépendant, je me demande si les gens réalisent vraiment que Sylvie fait maintenant partie du PCS. Même chose à La Baie où 59 % des gens disent voter indépendant. Savent-ils que Luc Boivin et Martine Gauthier sont dans le PCS ? Tous ces conseillers ont toujours été indépendants et peut-être que ça mêle les électeurs », analyse le président de Segma.

M. Harvey ajoute un bémol sur ce que pourraient donner ces résultats le 5 novembre au soir, puisque certains districts ont plus d’un candidat indépendant et ceux-ci se diviseront le vote, risquant de faire glisser un autre adversaire entre les deux.

Méthodologie

Le sondage a été réalisé du 27 au 31 octobre par entrevues téléphoniques à partir du centre d’appels de Segma recherche à Chicoutimi. Les numéros de téléphone ont été générés aléatoirement parmi tous les numéros potentiellement actifs dans la ville de Saguenay et les 620 répondants ont été joints sur leur ligne résidentielle ou leur téléphone mobile. Les données ont été pondérées sur la base du recensement de 2016 pour tenir compte de l’âge, du sexe et de la répartition géographique des répondants, ce qui lui donne une marge d’erreur de plus ou moins 3,9 % pour l’ensemble de la ville et ce, dans 95 % des cas. Cette marge d’erreur est inférieure aux 4,9 % du premier sondage réalisé au début du mois d’octobre avec un échantillon de 402 répondants.