Josée Néron a fait face à un tir groupé de critiques pour son appui au mouvement Je crois en ma région.

Les grands projets débloquent à Saguenay

La séance du conseil de Saguenay de lundi a été celle du déblocage des grands projets après l’impasse vécue pendant la période des Fêtes et conséquente au rejet de la première version du budget 2020.

Le conseil de Saguenay a procédé à l’adoption d’un premier règlement d’emprunt de 25 M $ en prévision de la construction du futur centre multisport qui sera érigé à Jonquière.

Lors de la séance mensuelle tenue à Chicoutimi, dans une salle remplie à pleine capacité, les élus ont voulu donner une image d’unité retrouvée en donnant le coup d’envoi aux projets de Jonquière, Chicoutimi et La Baie.

Le règlement pour le centre multisport prévoit le remboursement de la dette sur une période de 15 ans par l’imposition d’une taxe spéciale sur l’ensemble des immeubles de la ville.

Interrogé en début de conseil par le chef d’Alliance Saguenay, Dominic Gagnon, sur la possibilité de financer le projet à l’aide d’un autre programme que le Programme d’aide financière aux infrastructures récrétatives et sportives (PAFIRS), la mairesse Josée Néron a mentionné que le conseil a choisi de construire le complexe sportif sur la rue Galichan. Selon elle, présenter le projet dans le cadre d’un autre programme sur un autre site désigné ne donnerait pas plus que les 7,5 M $ déjà accordés. « Jean-Marc Crevier, Michel Thifault et moi, on va reprendre le bâton du pellerin comme on l’a fait pour l’amphithéâtre. On connaît des gens intéressés à aider la ville et combler le reste du financement, a précisé Mme Néron.

En point de presse, la mairesse a rappelé qu’une grille d’analyse a été réalisée et a permis de vérifier l’ensemble des coûts reliés aux projets. Selon elle, tous les conseillers municipaux ont à coeur de voir réaliser les projets dans chacun des arrondissements. En ce qui a trait à l’impact sur la dette à long terme, elle a précisé que le modèle adopté pour le projet d’amphithéâtre serait à appliquer.

Un autre règlement d’emprunt, celui-là de 11,4 M $, a été adopté par le conseil pour l’aménagement et la mise aux normes de l’église Saint-Édouard et du presbytère pour y loger la bibliothèque, tel que présenté il y a quelques semaines par le comité de sauvegarde de l’église. Le règlement prévoit un emprunt de 6,4 M $ assumé par la Ville, 3,5 M $ en subventions et 1,5 M $ provenant du milieu communautaire.

Les deux règlements d’emprunt seront soumis au processus de signature des registres d’opposition par les citoyens puisqu’ils dépassent le plafond de 10 M $ fixé par le conseil.

Présent dans la salle au moment du vote, Martin St-Pierre, président du Comité patrimoine Saint-Édouard, s’est dit très satisfait de la décision du conseil puisqu’elle permettra de passer à une autre étape afin d’aller chercher le 1,5 M $ que le comité s’est engagé à récolter. Des familles vivant à l’extérieur seront approchées et des partenaires corporatifs seront sollicités quatre ans après avoir déployé des efforts acharnés pour relocaliser la bibliothèque dans l’ancienne église, a indiqué M. St-Pierre.

Lors de la même séance, les élus ont autorisé le dépôt d’une demande de financement de 20 M $ auprès du PAFIRS pour le projet du centre multifonctionnel (amphithâtre) et d’une autogare qui sera réalisé au coût de 64,3 M $ sur la zone ferroviaire de Chicoutimi. À la suite d’une intervention de la conseillère Julie Dufour, qui s’interrogeait sur la source de financement du projet, la mairesse Néron a réitéré qu’à la suite de rencontres tenues avec la ministre fédérale Catherine McKenna et la ministre caquiste Andrée Laforest, elle avait reçu certains encouragements. «Mme McKenna a dit que même si le projet est lié à 25 % aux activités de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, elle entend jaser avec les gens du Québec pour que les investissements se fassent», a-t-elle déclaré. Selon elle, du travail restera à effectuer de la part des fonctionnaires et des élus pour combler les besoins financiers du projet.

Aux citoyens qui sont surpris de la volte-face des élus quant aux grands projets depuis le rejet du budget, le 18 décembre, le conseiller Simon-Olivier Côté a mentionné que du travail d’analyse intéressant a été effectué sur les plans qualitatif et quantitatif quant aux impacts des grands projets sur les finances publiques et les sources de financement.

Par ailleurs, les citoyens présents à l’hôtel de ville ont pu constater un remaniement autour de la table, alors que les conseillers n’occupent plus le même siège. La mairesse a expliqué le changement par la volonté du conseil de présenter une nouvelle image d’unité.

Enfin, le conseiller Simon-Olivier Côté a rendu hommage au citoyen Jean Laflamme, un homme d’affaires décédé dans les derniers jours, pour son implication bénévole au sein de certains organismes, dont la Fondation Timi et la Fondation de ma vie.