La mairesse Josée Néron affirme que le projet d’amphithéâtre peut se concrétiser selon un modèle d’affaires concocté avec la collaboration d’Étienne Jacques.
La mairesse Josée Néron affirme que le projet d’amphithéâtre peut se concrétiser selon un modèle d’affaires concocté avec la collaboration d’Étienne Jacques.

Les grands projets continuent de diviser à Saguenay

La réalisation des grands projets tels que le centre multifonctionnel à Chicoutimi et le centre multisport à Jonquière, pimentée par le rejet de la première version du budget municipal, le 18 décembre, continuent de faire des vagues au sein du conseil municipal de Saguenay.

À l’occasion d’une séance extraordinaire du conseil tenue lundi midi, qui n’était qu’une formalité pour l’adoption de règlements budgétaires dont le contenu était déjà connu, les conseillers Michel Thiffault et Jean-Marc Crevier de même que la mairesse Josée Néron ont voulu se montrer rassurants envers la population et les organismes de sports quant au sort réservé à ces projets, répétant qu’ils sont retardés pour des considérations budgétaires, et non annulés.

À plusieurs reprises, la mairesse a déploré le rejet du budget le 18 décembre, tout en affirmant qu’il s’agissait d’un facteur qui n’a pas aidé à l’avancement des dossiers, en plus de projeter une image négative auprès des investisseurs privés potentiels.

Lors de la parole d’intervention réservée aux élus, la mairesse Néron a réitéré son engagement envers les deux projets, tout en s’engageant à les réaliser. Le projet de centre multifonctionnel ou d’amphithéâtre, en particulier, pourrait se réaliser en fonction d’un nouveau modèle d’affaires intéressant qui devait être présenté à la population par Étienne Jacques, nommé par la mairesse dans ce dossier. « Les gens vont comprendre ce qu’est le modèle d’affaires. Il y a moyen d’interpeller les milieux d’affaires, tout en allant chercher le maximum de subventions. Il y a des gens d’affaires qui comprennent qu’ils ont des défis de communauté à relever, » déclare-t-elle.

Sur la question de la consultation à réaliser sur les deux projets, Mme Néron estime que le travail a été réalisé et que les deux projets seront assujettis à l’ouverture des registres dans chaque arrondissement puisqu’ils feront l’objet de règlements d’emprunt de plus de 10 M $. « La Ville, c’est des chiffres, mais aussi, il faut s’assurer que l’on répond aux besoins sociaux et communautaires de la population. Il faut être au rendez-vous. Il y a des projets où on ne demandera pas l’autofinancement, mais d’autres où on va mettre la barre haute », a-t-elle déclaré.

Mme Néron souhaite que les élus travaillent ensemble pour faire avancer les projets de la ville, et non contre un arrondissement ou l’Équipe du renouveau démocratique (ERD), puisque l’enjeu principal n’est pas la dette, mais plutôt la croissance démographique, afin d’attirer de jeunes familles avec des équipements sportifs modernes.

jean-marc crevier : multisport d’abord

Pour le conseiller du district 6, Jean-Marc Crevier, la seule question qu’il faut se poser est de savoir quel projet il faut d’abord prioriser. Selon lui, le seul projet faisant l’unanimité au sein du conseil municipal et de la population de Saguenay, en plus d’avoir bénéficié d’une subvention annoncée de 7,5 M $, est celui du centre multisport.

Le conseiller Jean-Marc Crevier croit que le temps est à l’action plutôt que de rappeler le rejet du budget du 18 décembre à répétition.

M. Crevier rejette du revers de la main les arguments de la mairesse Néron au sujet du rejet du budget municipal, en affirmant que l’objectif était de provoquer une prise de conscience collective. Selon lui, il est évident que Saguenay ne pourra pas réaliser les projets de centre multisport et d’amphithéâtre en même temps sans provoquer un choc sur le compte de taxes des contribuables. « Si on dit aux gens que le centre multisport va coûter 15 $ par année pendant 25 ans sur le compte de taxes, on touche un paquet de monde. Je ne travaille pas pour ma paroisse, mais pour Saguenay. Je souhaite que les deux projets se réalisent. Michel Potvin a dit que l’amphithéâtre va se faire à coût nul. Y a-t-il du monde qui va croire ça ? »

Le conseiller a indiqué qu’au cours des derniers jours, la direction du Club de soccer de Jonquière a proposé des solutions afin d’aider au financement des installations, ce qui constitue une solution à l’exemple de ce qu’a réalisé l’organisation du Patro de Jonquière en amassant 1 M $ dans le milieu.

Il a conclu que le temps est à l’action plutôt que de se faire reprocher constamment le rejet du budget du 18 décembre.

michel thiffault rassuré

Le conseiller Michel Thiffault s’est dit rassuré par les propos tenus par la mairesse voulant que les deux projets soient simplement retardés et non annulés pour tenir compte de la capacité de payer des contribuables. Selon lui, les élus se doivent d’être prudents dans les hausses de taxes puisqu’aucun contribuable ne touche les mêmes revenus.

Après avoir constaté l’inquiétude des organisations œuvrant dans le soccer, entre autres, M. Thiffault croit que les élus de chaque arrondissement ont tendance à aller vite dans l’annonce de nouveaux projets. « Les questions qu’il faut se poser avant d’annoncer un projet, c’est “Quand ? ” et “A-t-on l’argent pour le faire ? ”. Il faut travailler en équipe pour prendre la meilleure décision et ne pas perdre notre subvention. »

Tout comme son collègue Crevier, M. Thiffault croit que le centre multisport répond à un besoin important de la population, citant l’exemple des installations aménagées à Alma qui, selon lui, sont déjà fortement fréquentées.

Il refuse de se prononcer sur un calendrier de réalisation des différents projets et de dire lequel devrait être priorisé.

Michel Thiffault est rassuré par les propos de la mairesse voulant que les projets soient retardés plutôt que d’être annulés.

Parmi les autres sujets abordés, la mairesse a réitéré que les élus devront subir une perte de revenus d’environ 5000 $ découlant du fait que Québec n’a pas mis en application les mesures fiscales annoncées pour l’imposition des allocations de dépenses.