Une délégation de l’hôpital Sainte-Justine procède en ce moment à la tournée des CHSLD de la région et de certaines RPA afin d’évaluer les processus mis en place pour contrer la pandémie et gérer les éclosions. La gestionnaire Marie-Ève Chevrette est accompagnée de la pédiatre-infectiologue Valérie Lamarre, de l’infirmière Sophie Gravel, de la conseillère en amélioration continue Sophie Lafond, de la gestionnaire Valérie Lamarre et de l’infirmière gestionnaire Marie-Paule Latour. L’une des membres de l’équipe, Éliane Charbonneau, est absente sur la photo.
Une délégation de l’hôpital Sainte-Justine procède en ce moment à la tournée des CHSLD de la région et de certaines RPA afin d’évaluer les processus mis en place pour contrer la pandémie et gérer les éclosions. La gestionnaire Marie-Ève Chevrette est accompagnée de la pédiatre-infectiologue Valérie Lamarre, de l’infirmière Sophie Gravel, de la conseillère en amélioration continue Sophie Lafond, de la gestionnaire Valérie Lamarre et de l’infirmière gestionnaire Marie-Paule Latour. L’une des membres de l’équipe, Éliane Charbonneau, est absente sur la photo.

Les gestionnaires ont bien préparé la seconde vague, aux yeux des experts de Sainte-Justine

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean et ses équipes déployées dans les CHSLD n’ont pas chômé, entre la première et la deuxième vague de la pandémie de coronavirus, avec la mise en place des protocoles et mesures nécessaires pour gérer efficacement une éclosion dans un milieu de vie.

Depuis deux semaines, deux équipes de l’hôpital Sainte-Justine visitent des CHSLD de la région et des résidences privées pour personnes âgées. L’objectif est d’évaluer l’état des lieux dans chacun de ces établissements tout en apportant des modifications aux façons de faire à partir de l’expertise développée pendant la première vague, laquelle a fait des ravages dans des milieux de vie de la région de Montréal.

« Il y a tellement de cas dans la communauté que c’est certain que ça finit par entrer dans les CHSLD et les RPA (résidences pour aînés). Les chiffres sont à 14 par 100 000 au Québec et vous êtes à 60 par 100 000. Les gens de la communauté, ils travaillent dans les RPA et les CHSLD, et les aidants naturels font aussi partie de la communauté. C’est probablement entré par là. Actuellement, c’est de reprendre le dessus dans ces milieux », insiste la pédiatre infectiologue Valérie Lamarre.

Pendant la première vague, dit-elle, tout était fermé et il était donc plus facile de reprendre le contrôle dans la communauté et empêcher que le virus entre dans les milieux de vie. « C’est un plus gros défi de prendre le contrôle quand on est touché dans la deuxième vague comme c’est le cas dans la région. S’habituer à travailler dans la COVID-19 en deuxième vague, c’est plus difficile parce que la vie continue dans la communauté », ajoute la médecin.

« L’autre enjeu, en première vague, il y avait plus de monde pour aider puisque les hôpitaux ont arrêté des services. Quand on est touché comme ça en deuxième vague, c’est plus difficile puisque les bras ne sont pas tous libérés pour aider. »

Les visiteuses de Sainte-Justine sont à même de constater, quand ils se présentent et passent une partie de la journée dans les CHSLD identifiés par le CIUSSS, que les gestionnaires et les équipes ont fait le travail de préparation nécessaire. Le coronavirus est un adversaire redoutable et a déjoué plusieurs établissements et les spécialistes évoquent la notion « intangible » de toute cette préparation dont l’objectif est de bloquer l’entrée du virus et aussi de bien le gérer à partir du moment où il entre dans un milieu de vie.

« Les gestionnaires se sont bien préparés, mais ils ne l’ont pas vécu. C’était intangible. Ça aide quand t’es passé par là parce que nous ne pouvons pas dire que les gens ne sont pas préparés. Tout le monde a ses protocoles sur la façon de porter les équipements. Pendant l’été, ils ont formé des champions qui ont à leur tour formé des collègues », ajoute de son côté Marie-Ève Chevrette, gestionnaire à l’hôpital Sainte-Justine.

Elle fait aussi le lien avec l’environnement de travail des gestionnaires qui n’est pas toujours conçu pour faire face à des pandémies. Il s’agit de CHSLD avec des corridors très étroits où les gens ont peu d’espace. Il faut se rappeler qu’Isidore-Gauthier, au Lac-Saint-Jean, a été identifié comme un CHSLD problématique, et Georges-Hébert à Jonquière est également dans cette catégorie.

« Les CHSLD ne sont pas conçus pour passer au travers des pandémies, explique la pédiatre. C’est tant mieux. C’est le travail des hôpitaux. Mais il y a d’autres possibilités, en déplaçant des patients dans des zones isolées. Ceux qui sont trop exigus, c’est préférable de les déplacer ailleurs », ajoute la spécialiste. C’est ce qu’a fait le CIUSSS au début de l’éclosion de Georges-Hébert.

« Nous ne sommes pas en présence de gens qui ont cru que le virus n’arriverait pas dans leur centre. Les gens ont pensé que c’était possible. C’est juste qu’un moment donné, quand tu es dedans, c’est toujours plus difficile », reprend la pédiatre.

Sa collègue ajoute que la gestion du virus lors d’une pandémie dans un CHSLD est plus difficile. Il ne s’agit pas d’un hôpital, mais bien d’un milieu de vie, où la distance entre le personnel et les résidents ne s’applique pas nécessairement de la même façon.

Dans le cadre de cette visite, l’équipe de Sainte-Justine a également fait des arrêts dans des résidences privées. Le privé et le public sont assez différents.

« C’est plus difficile parce que c’est du privé et ils ont moins accès aux ressources du public. Les habitudes de communication avec les gens du réseau public sont moins bien établies. Qui tu appelles quand tu as besoin d’un service comme avoir des résultats de test. Tout cet arrimage est plus compliqué pour eux », ont constaté les représentantes de Saint-Justine.

Ces dernières ont aussi noté une très grande ouverture des gestionnaires des CHSLD pour entendre les recommandations et les propositions. « On a même eu la discussion entre nous à savoir que nous n’étions pas certaines que chez nous, les gens auraient été aussi ouverts que les gens d’ici à recevoir les commentaires et la volonté d’écouter une façon différente de faire les choses. »

Ces commentaires visent surtout à faciliter les communications, modifier des choses et améliorer la sécurité de tout le monde dans le contexte actuel de la pandémie.

Globalement, les représentantes de Sainte-Justine ont émis certaines recommandations pour améliorer les façons de faire. Au-delà des rapports formels, elles retiennent aussi qu’elles ont rencontré des gestionnaires qui ont le souci des résidents ainsi que celui des employés.

Elles ont constaté que la présence de gestionnaires dédiés à chacun des établissements renforçait le niveau de préparation. Dans la région de Montréal, le gouvernement a constaté que certains CIUSSS affectaient un seul gestionnaire pour deux établissements. Dans la région, chaque CHSLD avait un chef de service et, avec la nouvelle politique du ministère, un gestionnaire additionnel a été ajouté sur chacun des sites depuis maintenant un mois.