Tous les finissants du secondaire sont dans l’incertitude puisqu’aucune décision n’a encore été prise pour leur bal.
Tous les finissants du secondaire sont dans l’incertitude puisqu’aucune décision n’a encore été prise pour leur bal.

Les finissants dans l’incertitude pour leur bal

Tous les élèves de secondaire 5 nagent dans l’incertitude. Oui, les examens du ministère sont annulés, mais un événement qu’ils attendent depuis plusieurs années pourrait ne pas avoir lieu : les bals de finissants. Mais voilà que des groupes se préparent déjà pour organiser un bal « à retardement ».

Des mamans de l’École secondaire Kénogami ont d’ailleurs fait parvenir une lettre à la direction, jeudi. Elles proposent de créer un comité et de prendre en main l’organisation d’un bal, et ce, quand les consignes du gouvernement le permettront.

« Je fais une démarche envers vous puisque certaines mamans de finissants ont discuté et nous souhaitons faire quelque chose pour garantir à nos enfants de vivre ce grand moment à retardement. Nous sommes volontaires pour planifier et organiser un bal à une date qui sera décidée ultérieurement [...]. Comme vous vous en doutez, cette période difficile l’est davantage pour les finissants et les finissantes, qui doivent faire de nombreux deuils. [...] Je crois que d’en informer les étudiants serait un baume sur ce qu’ils vivent en ce moment », peut-on lire dans la lettre.

L’une des mamans du groupe, Nadine Belley-Traoré, dit craindre de plus en plus la fermeture des écoles jusqu’en septembre. Elle se dit attristée que des jeunes ne puissent vivre ce moment attendu depuis des mois, voire des années.

Lors d’une entrevue avec Le Progrès, Mme Belley-Traoré a confirmé avoir obtenu une réponse de la directrice. Cette dernière se dit préoccupée par la situation, mais plusieurs scénarios sont étudiés. Elle a avoué trouver l’initiative louable et promet de garder la proposition en mémoire.

« Quand les jeunes ont été mis en congé quelques jours, puis quelques semaines, et là, jusqu’au 1er mai, j’ai commencé à avoir peur qu’ils n’y retournent pas. Plus ça avance et plus je me dis qu’il y a des risques qu’il n’y ait pas de bals de finissants. J’ai écrit à des mamans et elles ont embarqué. Nous avons toutes le coeur en mille morceaux », a expliqué Mme Belley-Traoré.

Cette dernière mentionne que sa fille Océane a acheté sa robe à l’automne et qu’elle magasine ses souliers et ses ongles, entre autres. Et c’est probablement le cas pour une majorité des finissants, qui préparent leur soirée depuis longtemps.

« Ça m’arrache le coeur. Si on peut mettre un baume, on va le faire. Et si on peut leur annoncer à l’avance, ça va les motiver. »

Au Lac-Saint-Jean aussi

Un mouvement semblable se dessine également au Lac-Saint-Jean. Lucie Boulianne, dont le fils Donavan Dion fréquente la Polyvalente Jean-Dolbeau, confirme que des parents se questionnent à savoir si un événement pourrait se tenir dans les prochains mois. Elle a publié un message en support à son fils et des idées ont commencé à germer.

« J’ai vécu la remise des diplômes avec mon filleul et ma filleule, et c’est une belle soirée. Et là, peut-être qu’ils n’auront rien. Le bal, c’est la fin du secondaire. C’est un événement marquant », a indiqué Mme Boulianne au Progrès.

À la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, les bals ne sont plus sous la responsabilité des écoles. Ils sont plutôt organisés par des comités indépendants. À l’heure actuelle, confirme Marie-Ève Bernard, conseillère en communications, « les directions des écoles secondaires n’en savent pas plus puisqu’elles ne sont pas impliquées dans l’organisation ».

Comme les rassemblements sont interdits, Lucie Boulianne confirme que les comités composés d’élèves et de parents ne peuvent se rencontrer.

Pas de décision

Pour le moment, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay confirme qu’aucune position n’a encore été prise pour les bals de finissants dans le contexte actuel. La conseillère en communications, Claudie Fortin, rappelle que la commission scolaire suit les mesures émises par la santé publique et le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Une décision devrait donc être prise au cours des semaines ou des mois à venir.

Le son de cloche est le même du côté de la Commission scolaire De La Jonquière, qui suit les directives du ministère. « Nous sommes conscients que le bal des finissants est un événement important pour nos élèves de secondaire cinq. La priorité demeure toutefois leur sécurité. En ce sens, nous attendrons de voir les développements de ce contexte exceptionnel entourant la COVID-19 avant d’annoncer une décision », a confirmé Stéphanie Audet, conseillère en communication.

Il n’a pas été possible d’obtenir la position de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean.

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UNE GRANDE DÉCEPTION

« Ça fait un méchant bout qu’on prépare ça pour conclure toutes nos années du secondaire. Pour ma part, je suis vraiment déçue. »

Océane Gilbert-Traoré attendait son bal avec impatience. La seule pensée qu’il puisse ne pas avoir lieu la déçoit énormément. 

« Ça nous permet d’être tous ensemble une dernière fois et de nous retrouver avec nos amis, notre famille, pour marquer la fin de nos études. Après, on peut se dire qu’on entre dans la cour des grands, a-t-elle dit, lorsqu’invitée à commenter la possible annulation de son bal. 

« Ce n’est pas officiel, mais c’est sûr que si on se fait dire qu’on ne retourne pas à l’école, le bal n’aura pas lieu », indique celle qui avait acheté sa robe il y a plusieurs mois.

Les finissants de l’École secondaire Kénogami, qu’elle fréquente, en discutent énormément sur les réseaux sociaux. Certains sont déçus ; d’autres, fâchés ; et quelques-uns ne semblent même pas importunés par la situation.

Et un bal plus tard, c’est une bonne idée ? Absolument, croit Océane Gilbert-Traoré. 

Son amie, Zoé Gagnon, abonde dans le même sens.

« C’est sûr que si on peut avoir l’opportunité d’avoir un bal, même si ce n’est pas la même date, j’aimerais ça. Je comprends l’ampleur de la situation, mais si c’est plus tard, je vais être contente. Ça fait cinq ans qu’on se fait dire que le bal, c’est l’étape finale, et là, peut-être qu’on ne l’aura pas. »