Robert Hakim, Ian Gailer et Charles Boudreault participaient à une discussion publique, hier soir, au resto-bar L'Urbain de Chicoutimi.

Les festivals comme produits d'appel

Les promoteurs de sept des plus importants événements de la région considèrent que la promotion du tourisme au Saguenay-Lac-Saint-Saint accuse au moins 10 ans de retard sur l'industrie provinciale en ne considérant pas les événements majeurs comme des produits d'appel.
Quand Montréal fait la promotion du tourisme, on ne parle pas du Biodôme, de l'Insectarium ou du Jardin botanique, on fait allusion au Festival de jazz, au Festival Juste pour rire ou au Grand prix de Formule un.
Robert Hakim (Festival international des rythmes du monde, Festival de la bière et bientôt le Festival de la mode), Ian Gailer (Festival REGARD sur le court métrage) et Charles Boudreault (Festival Jazz et blues, Festival des vins et Saguenay en bouffe) et directeur de l'Association des centres-ville de Saguenay, espèrent que les événements et les festivals majeurs soient au coeur d'une campagne publicitaire de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Les trois promoteurs étaient réunis pour une discussion publique, hier soir, au resto-bar L'Urbain de Chicoutimi dans le cadre du nouveau concept Les soirées intéressantes organisées par des partenaires culturels du Saguenay. Une quinzaine de personnes se sont présentées pour y discuter événements et festivals.
La recherche de financement a occupé une bonne partie des discussions pendant la soirée et les panellistes vivent à peu près tous les mêmes problèmes de recherche de commanditaires et subventions qui représente environ 70% de leur tâche de travail. «Si on avait l'argent et que notre seul souci était d'être imaginatif et de développer de nouveaux créneaux, ce serait facile», a fait valoir Robert Hakim, qui compte plusieurs événements et spectacles à son actif.
«Les commanditaires nationaux comme Loto-Québec, la SAQ ou les multinationales devraient supporter davantage les événements en région et ne pas calculer seulement le nombre de visiteurs», a commenté Charles Boudreault qui trouve difficile d'aller chercher de la commandite nationale alors que les placements en visibilité sont plus rentables dans les grandes villes.
Ian Gaïler, du Festival REGARD sur le court métrage, est à la tête d'un événement qui génère un budget de plus de 900 000$ à l'aube de sa 18e édition. «Nous avons commencé avec un budget de 500$ la première année avec une poignée de bénévoles. Depuis ce temps, nous avons le devoir d'être excellents chaque année pour conserver nos commanditaires et atteindre nos objectifs pour demeurer éligibles aux subventions», dit-il.
Le promoteur rêve du jour où il y aura des publicités nationales de Tourisme Saguenay-Lac-Jean qui inviteront la population à participer à son festival dans un forfait film-zoo. «Nous accusons un retard important en terme de promotion touristique. Les événements sont devenus des produits d'appels touristiques et il est temps de faire savoir à la province qui nous sommes», a clamé l'organisateur affirmant qu'il est temps que la région change son image qui n'est plus seulement l'affaire du Zoo, de Val-Jalbert et des différents sites touristiques.
Charles Boudreault affirme que le commentaire le plus souvent exprimé lors du Salon des vins concerne les gens d'ici, leur accueil et leur chaleur. «Personne ne nous parle du Zoo ou du fjord», dit-il.
À la question: y a-t-il trop de festivals dans la région? Ian Gaïler a répondu: "À l'époque, est-ce qu'il y avait trop d'églises au Québec quand elles étaient pleines?» Il en va de même pour les événements dont le défi pour les municipalités et l'industrie touristique est de les classer selon qu'il s'agit d'une fête de quartier, d'un événement mineur ou majeur.
Rblackburn@lequotidien.com