Les Fermes Solidar accueilleront dorénavant la relève agricole.

Les Fermes Solidar accueilleront la relève agricole

Les Fermes Solidar, récemment acquises par l’agriculteur Pierre Girard, accueilleront dorénavant la relève agricole. À l’intérieur d’un projet de 600 000$, la Ville de Saguenay et la MRC du Fjord-du-Saguenay, en collaboration avec différents partenaires, ont comme objectif de créer un écosystème accueillant, stimulant et innovant pour les jeunes agriculteurs.

La plateforme bioalimentaire boréale a été officiellement lancée, mardi, en compagnie des représentants de l’UQAC, du Cégep de Chicoutimi, du Centre de géomatique du Québec, de Promotion Saguenay et de Nutrinor. Une fois son plein potentiel atteint, le site pourra accueillir de 16 à 18 entrepreneurs agricoles incubés. Comme le projet n’est pas encore connu, l’objectif est d’en avoir deux ou trois au printemps.

« Il y a plus de la moitié des étudiants en agriculture qui ne sont pas en parenté, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de ferme familiale. On ne voyait pas ça. Avant, c’était des gens qui étudiaient pour reprendre la ferme familiale. Là, ils ont un intérêt pour l’agriculture. Un incubateur comme ça, ça devient pertinent pour les garder dans la région, et pour ceux qui étudient à l’extérieur, c’est un élément pour revenir », explique Patrick Girard, stratège en développement de projet.

Les 55 hectares de terres seront en partage avec le propriétaire, lui qui pourra faire la culture d’une partie de ses champs pour ses activités. « De toute façon, ça prend une rotation pour assurer la fertilité des terres, précise Patrick Girard. On pense qu’on vient de se positionner pour ces jeunes-là qui ont un projet d’entreprise. »

Les activités tourneront autour de la culture maraîchère, biologique et nordique, avec les petits fruits et les légumes, etc.

Lors de la conférence de presse, la mairesse Josée Néron a rappelé que l’agriculture occupe 40 % du territoire saguenéen et touche 15 000 emplois dans la région.

« L’objectif de la plateforme bioalimentaire est de valoriser le potentiel de développement agricole de Saguenay, de stimuler l’établissement de la relève agricole, parce que beaucoup de gens sont à la recherche de relève. Donc ça va être un milieu, une ruche, un potentiel pour pouvoir mailler les gens qui sont en voie de vouloir vendre leur ferme et les jeunes qui veulent se lancer. »

En effet, en collaboration avec L’ARTERRE, un service de maillage axé sur l’accompagnement et le jumelage entre aspirants-agriculteurs et propriétaires, les partenaires espèrent favoriser la propriété régionale des actifs agricoles.

La plateforme pourrait permettre le démarrage de cinq à huit entreprises par année, représentant 10 à 12 emplois. Le chiffre d’affaires des activités agricoles réalisées dans le cadre de l’incubation, avec 16 incubants, pourrait atteindre un million $ par la vente des récoltes (360 000 kilos de fruits et légumes biologiques).

Le projet est rendu possible grâce au soutien financier de la Ville de Saguenay (250 000 $), de la MRC du Fjord-du-Saguenay (15 0000 $), de l’UQAC (75 000 $), du Cégep de Chicoutimi, du Centre de géomatique du Québec (75 000 $) et de Promotion Saguenay (75 000 $). De son côté, Nutrinor coopérative fournira ses services agronomiques.

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UNE OPPORTUNITÉ QU'IL NE POUVAIT MANQUER

Quand Pierre Girard, un producteur laitier de La Baie, s’est porté acquéreur des Fermes Solidar, 120 pour cent de son temps était déjà occupé par son entreprise. Mais il ne pouvait pas laisser passer une telle opportunité. 

L’un de ses objectifs était de garder la vocation mise en place par les Sœurs du Bon-Conseil, et en embarquant dans le projet de plateforme bioalimentaire boréale, il avait une occasion de le faire. 

« En agriculture, il faut rester proches de nos clients, qui sont les citoyens et les consommateurs. »

Selon lui, il est très important d’aider la relève agricole. Et il sait de quoi il parle. Sa fille étudie en agriculture à Alma et deux de ses nièces travaillent pour lui avec leur conjoint. 

« Je travaille beaucoup pour les jeunes parce qu’à mon âge, j’aurais pu vendre mon entreprise, m’asseoir là-dessus et très bien vivre. Là, je vais travailler le restant de mes jours, mais j’aime ça. En agriculture, on fait ça par amour, pas pour l’argent », a déclaré M. Girard en marge de la conférence de presse, mardi matin. 

Il ajoute que les jeunes citadins qui se lancent en agriculture pensent que ce sera facile, « mais neuf sur dix vont se planter s’ils vont là-dedans sans expérience. Là, ça va leur permettre de l’essayer sans trop investir, voir s’ils aiment ça, s’ils sont compétents ». 

L’agriculteur est catégorique : le Saguenay-Lac-Saint-Jean a besoin de projets comme celui-là pour se démarquer.

« L’agriculture ne pourra pas survivre dans les systèmes actuels qu’on a. Il faut trouver des créneaux de marché. Quand je vois les cégeps et l’UQAC être intéressés à s’impliquer en agriculture, je ne peux pas faire autrement que dire oui. En plus, je serai dans les premières loges pour voir les résultats, a-t-il dit, en faisant référence au créneau biologique et nordique qui sera exploité. Être agriculteur, c’est être résilient, suivre la demande. »

Claude Gilbert, directeur de la planification et du développement stratégique à l’UQAC, André Gobeil, directeur général du Cégep de Chicoutimi, Josée Néron, mairesse de Saguenay, Gérald Savard, préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, et Patrick Girard, stratège en développement de projet, ont présenté les grandes lignes de la plateforme.