La présence de l’accompagnateur pourrait bientôt être permise à nouveau lors des écographies en périnatalité
La présence de l’accompagnateur pourrait bientôt être permise à nouveau lors des écographies en périnatalité

Les femmes enceintes pourront bientôt être à nouveau accompagnée lors d’échographies

Joanie (nom fictif) attend son premier enfant; elle est enceinte de 21 semaines. À sa grande déception, son conjoint n’a jamais pu voir le petit bouger lors d’une échographie. Tout ça en raison des nouvelles mesures liées à la pandémie actuelle. Mais les choses pourraient changer rapidement dans les prochaines semaines puisque le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a émis de nouvelles directives le 5 juin dernier. Ainsi la présence de l’accompagnant(e) pendant les rendez-vous pourrait être permise, à moins que les mesures de distanciation ne puissent être appliquées.

Selon Joëlle Savard, porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’organisation regarde actuellement toutes les possibilités pour le retour des accompagnateurs en salle d’échographie.

« Nous sommes en train de voir comment il sera possible de l’appliquer dans nos installations pour une reprise graduelle et sécuritaire de l’accompagnement aux échographies obstétricales. Nous aurons plus de détails au cours des prochains jours », indique-t-elle dans un courriel envoyé au Progrès.

Incompréhensions et dénonciations.

Depuis le début de la pandémie, les femmes enceintes n’ont plus le droit d’être accompagnées à leurs échographies de routine.

Pour Joanie, il est difficile d’accepter le fait qu’une femme enceinte doit gérer seule ces différentes étapes de la grossesse, lesquelles sont importantes pour les deux parents.

De plus, en tant qu’éducatrice spécialisée, elle admet qu’il est très difficile pour le père de créer des liens concrets étant donné que ce dernier n’a pas la possibilité de voir que de petites photos. Selon elle, la création de liens est une étape primordiale dans la vie du père.

« Actuellement, ce n’est pas concret pour lui, affirme la future mère. J’arrive avec une photo après mon rendez-vous, et c’est tout. Il n’a pas eu la chance de le voir bouger ou d’entendre son petit coeur battre. Il attend dans le stationnement », déplore-t-elle dans une entrevue avec Le Progrès.

La jeune femme a l’impression que les conjoints ont été oubliés, dans toute cette histoire. « La plupart du temps, les deux parents habitent ensemble. On va se le dire, mon chum vit avec moi. Dans le pire des cas, il répond aux mêmes questions que moi à l’entrée et il suit les mêmes mesures que moi », fait-elle savoir.

De plus, lors de sa dernière échographie, cette dernière a été témoin d’une situation très émouvante. C’est que la femme dans la salle à côté a reçu de bien mauvaises nouvelles sur l’état de santé de son bébé. « Elle avait 20 semaines comme moi et son conjoint n’était pas présent pour la supporter. Elle a été obligée de réagir toute seule, et ce n’est pas elle qui a fait ce bébé toute seule. Je trouve ça vraiment super triste. Je n’imagine pas si ça avait été moi », raconte Joanie, très désolée.

L’accouchement

Lors de l’accouchement, il est également interdit à l’heure actuelle pour l’accompagnateur de se déplacer hors de la chambre pendant tout le processus. Tous les besoins du couple doivent donc être demandés au personnel soignant présent.

Malgré ces mesures de sécurité, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean confirme que le nombre de tâches à effectuer ainsi que le ratio d’infirmières sur le plancher est le même depuis le début de la crise.

« Il est certain qu’il s’agit d’une adaptation. Des solutions sont proposées aux parents selon le cas », indique Stéphanie Gobeil, agente d’information du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.