Les femmes enceintes craignent la contamination au département d’obstétrique

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La confirmation d’un foyer d’éclosion de COVID-19 au département d’obstétrique de l’hôpital de Chicoutimi donne des maux de tête aux futures mamans dont les grossesses nécessitent des examens obligatoires. Elles n’ont aucune assurance qu’il n’y a plus de risque de contamination dans cette section de l’hôpital.

Depuis jeudi, Le Quotidien a reçu plusieurs messages et informations de femmes qui n’ont pas apprécié apprendre cette nouvelle dans les médias. Elles auraient souhaité qu’on les informe de la gravité de la situation lors du téléphone pour confirmer un rendez-vous.

« J’ai reçu un téléphone pour un rendez-vous il y a quelques jours. On ne m’a donné aucune information sur la situation qui prévalait au département d’obstétrique. J’ai appris qu’il y avait une éclosion quand j’ai regardé les nouvelles. L’éclosion était déjà connue au moment où j’ai reçu mon appel pour me confirmer mon examen qui ne peut pas être déplacé dans le temps », a précisé au Quotidien une future mère qui ne souhaitait vraiment pas se présenter à l’hôpital de Chicoutimi.

« Je sais que ce n’est pas facile et qu’ils font leur possible pour gérer la crise. Mais quand on est concerné, que nous sommes déjà dans une situation stressante comme une grossesse, on veut éviter des problèmes. Ils auraient au moins dû m’informer », reprend la jeune femme.

Elle a aussi une amie qui a dû se rendre au département d’obstétrique la semaine précédente. Il y avait déjà des doutes sur la présence du coronavirus au sein du département. « Les membres du personnel portaient des masques et elle a senti que ça n’allait pas. Elle a reçu un téléphone quelques jours plus tard pour lui faire part de la présence de COVID-19. On aurait aussi pu l’informer pour qu’elle prenne des mesures nécessaires. »

Plusieurs messages font état du manque de logique de la situation dans lesquelles elles vont se retrouver au cours des prochains jours. Elles comprennent difficilement comment la direction de la Santé publique peut autoriser des femmes enceintes à séjourner dans un foyer d’éclosion de coronavirus.

« Je n’ai pas mis le nez dehors depuis trois semaines afin de me protéger et de protéger mes deux jeunes enfants. On a écouté religieusement les directives du gouvernement sur le confinement pour éviter d’attraper la maladie ou de la transmettre, puisque c’est très sérieux une grossesse. Après trois semaines d’efforts pour me protéger, on me demande d’aller tout droit dans la gueule du loup en me rendant dans un département de l’hôpital qui est infecté.»

Le département d’obstétrique de l’hôpital de Chicoutimi a pour le moment rejeté l’idée de transférer à Alma les accouchements dans les prochains jours. Au point de presse quotidien, le docteur Donald Aubin a indiqué que ce n’est pas simple de déplacer un accouchement dans un autre milieu hospitalier. Il reste à savoir si le CIUSSS pourrait légalement refuser à une femme le droit de choisir le site où elle souhaite accoucher.

Le responsable médical du laboratoire (Optilab), le docteur Doria Grimard, travaille quotidiennement avec le virus en raison de sa fonction dans la gestion des tests de coronavirus. Il a expliqué qu’à partir du moment où les personnes infectées sont retirées d’un milieu et que les mesures de décontamination ont été effectuées, qu’il n’y a pas de risque pour les personnes qui se rendent dans cet endroit, comme c’est le cas pour le département d’obstétrique.