Les étudiants étrangers seront peu nombreux dans les écoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Thomas Dufour
Le Quotidien
Par les années passées, des autobus remplis d’étudiants étrangers arrivaient au Saguenay-Lac-Saint-Jean en août. Avec la pandémie, seulement une poignée de ces étudiants seront présents pour la rentrée des classes.

Dans les quatre cégeps et l’université du Saguenay-Lac-Saint-Jean, on espère qu’Ottawa ouvrira les frontières à la fin du mois d’août. Pour l’instant, seuls les étudiants qui avaient obtenu leurs permis en date du 18 mars peuvent venir étudier en sol québécois.

Pour certains établissements, les pertes d’étudiants sont importantes. L’Université du Québec à Chicoutimi reçoit 1500 étudiants internationaux annuellement. En raison de la pandémie, ils en accueilleront 535 cette année.

Sur ce nombre, 350 proviennent d’ententes avec des partenaires. Ces derniers resteront dans leur pays pour la session d’automne. Les 185 autres étudiants sont inscrits dans un parcours académique standard. La plupart sont restés en sol québécois depuis le début de la crise.

Au Cégep de Saint-Félicien, un étudiant sur quatre provient de l’étranger. Il en reçoit en moyenne une centaine par année. Dans le scénario le plus optimiste, ils en accueilleront une cinquantaine cette année.

Ces diminutions viennent nécessairement avec une perte de revenus. Pour l’heure, le gouvernement compensera ces pertes en se basant sur le nombre d’étudiants inscrits pour l’année 2019-2020. « Il faut se faire un plan de match pour la rentrée 2021-2022, pour aller chercher des étudiants », explique Marie-Karlynn Laflamme, directrice des communications à l’Université du Québec à Chicoutimi.

La recherche n’a pas énormément souffert de cette perte d’étudiants. «Beaucoup de nos étudiants internationaux aux cycles supérieurs sont demeurés ici, affirme Mme Laflamme. On a rouvert les laboratoires en mai, c’est la première chose qui a repris.»

Pour l’instant, il est difficile pour les universités et les cégeps de chiffrer la perte d’étudiants. Ils auront une idée plus claire à la mi-septembre, date limite d’abandon des cours sans mention d’échec.

Accueillir ceux qui viennent

Partout dans les cégeps du Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est le branle-bas de combat pour l’arrivée des étudiants internationaux. La plupart d’entre eux arriveront au cours du mois d’août par avion. «Six étudiants vont arriver dimanche à l’aéroport de Montréal. On a prévu un autobus pour aller les chercher », explique Vanessa Gauthier, conseillère au recrutement au collège d’Alma.

Les collèges suivront de manière stricte les normes de la Santé publique. Les étudiants porteront un masque pendant toute la durée du trajet entre Montréal et la région. Ils seront placés à une distance de deux mètres dans l’autobus qui ne fera aucun arrêt en chemin.

Une fois arrivés, les étudiants devront observer une quarantaine de deux semaines. Il s’agit même d’un critère pour l’entrée au pays : les nouveaux arrivants doivent prouver aux douaniers qu’ils ont un plan de quarantaine.

Tous les étudiants devront passer un test de dépistage de la COVID-19 avant et après leur quarantaine.

Le Cégep d’Alma a loué deux chalets dans lesquels seront placés les étudiants. Chacun d’eux aura sa chambre. Un horaire a été mis en place pour l’utilisation de la cuisine afin d’éviter le plus possible les contacts.

«On a engagé du personnel additionnel pour les accompagner, pour leur offrir un soutien pendant leurs quarantaines», explique France Voisine, directeur adjoint de la direction des études au Cégep de Saint-Félicien. Ces employés du cégep pourront répondre aux questions des étudiants, s’assurer qu’ils ont de quoi manger et qu’ils se sentent bien.

Le Cégep de Jonquière se prépare à l’arrivée d’une vingtaine d’étudiants dimanche. Au Cégep de Chicoutimi, une quinzaine d’étudiants arriveront d’ici la fin du mois.

Les cégeps collaboreront peut-être ensemble pour aller chercher les étudiants à Montréal. Ce serait une façon de rentabiliser les voyages en autobus puisque les cégeps accueilleront un petit nombre d’étudiants à la fois.

Inquiétudes

Les cégeps préparent l’arrivée des étudiants internationaux depuis le printemps. Ils ont passé plusieurs mois à discuter avec les candidats afin de répondre à leurs questions.

«Il y avait beaucoup d’inquiétudes, surtout de la part des parents, affirme Vanessa Gauthier du Cégep d’Alma. Quand on leur parlait, ils étaient souvent rassurés.»

Plusieurs étudiants devront attendre la réouverture des frontières avant de venir au Québec. Entre temps, ils débuteront leur formation en ligne. La direction du cégep espère que tout le monde sera en sol québécois d’ici la fin du mois de septembre, mais l’incertitude persiste.

Un autre problème se pose : certains étudiants étrangers n’ont pas l’équipement nécessaire.

«Certains n’ont pas accès à un réseau Internet fiable. Ça complexifie les choses», affirme Éric Émond, directeur des communications au Cégep de Chicoutimi.