La Ville de Saguenay s’apprêterait à donner certaines tâches en sous-traitance.

Les employés municipaux se mobilisent

Le Syndicat des employés municipaux de Saguenay (SEMS-CSN) se mobilise afin de contrer les intentions du conseil municipal d’aller de l’avant avec l’octroi de contrats en sous-traitance. Ces derniers pourraient affecter les heures travaillées par les syndiqués à temps partiel, notamment au département des travaux publics.

Selon le président Yannick Gaudreault, l’inquiétude règne parmi les membres à la suite d’informations voulant que Saguenay s’apprête à donner en sous-traitance des tâches de marquage et de finition de chaussée, de balayage de rue, de plantation d’arbres, de tonte de gazon, de déneigement d’accès aux bâtiments, pistes cyclables et bornes-fontaines, de nettoyage d’égout et d’excavation pneumatique.

Selon le leader syndical, Saguenay aurait comme argument que la sous-traitance éviterait ainsi l’acquisition d’équipements et de machinerie qui se font de plus en plus vieillissants à Saguenay. « Nous avons une rencontre vendredi matin avec le directeur de la Ville, Jean-François Boivin, le directeur des ressources humaines, Serge Reid, et le directeur adjoint, Denis Simard. On a hâte à la rencontre de demain (vendredi) afin de savoir comment on va se positionner, lundi, à la séance du conseil municipal où on pourrait organiser une manifestation », affirme M. Gaudreault.

Ce dernier précise que la demande syndicale vise l’établissement d’un moratoire sur toute allocation supplémentaire de travaux en sous-traitance.

Manifestation

Advenant le cas où le syndicat n’obtiendrait pas les assurances attendues, les syndiqués se présenteront lundi à la séance du conseil qui se tiendra à La Baie afin de rappeler certains engagements formulés lors de la précampagne électorale municipale de l’automne 2017.

À l’époque, le syndicat CSN avait lancé la campagne « Faisons la différence, nos votes contre la sous-traitance », où il avait été demandé aux candidats de prendre position sur le sujet.

En octobre 2017, le SEMS-CSN avait apprécié la position de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD) et de sa chef, Josée Néron, qui avait affirmé vouloir garder à l’interne les travaux courants comme l’entretien normal des routes, l’aqueduc et les égouts, en soulignant qu’il fallait constater que la qualité est meilleure quand les travaux sont réalisés par les employés municipaux qui connaissent très bien le terrain.

Conseiller élu sous la bannière de l’ERD, Marc Bouchard, président de la Commission des ressources humaines, affirme que certaines avenues sont analysées afin de regarder comment assurer une bonne prestation de services aux citoyens dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

Selon lui, il n’est pas toujours facile de recruter et d’embaucher de la main-d’œuvre à temps partiel pour accomplir des tâches saisonnières. « On cherche à changer certains critères et des structures pour aller vers des tâches plus permanentes », a déclaré M. Bouchard. Il précise que toutes les solutions font partie de l’analyse.

Il conclut en affirmant que l’important est que la Ville puisse assumer les services attendus par les citoyens. « Un propriétaire n’aimerait pas connaître une pénurie d’eau pendant trois mois parce qu’on n’a pas la main-d’œuvre requise pour effectuer les réparations. »