Les employés de l’UQAC invités à s’opposer à GNL

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Après les étudiants, c’est au tour de professeurs, chargés de cours et de professionnels de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) de se mobiliser contre le projet GNL Québec. Les quelque 630 employés qui œuvrent en enseignement et en recherche sont invités à signer une lettre d’opposition rédigée par sept enseignants et chercheurs provenant de différents départements.

La missive de cinq pages rappelle les mêmes arguments que ceux martelés au cours des derniers mois, dont l’urgence climatique. « Cette volonté d’action est motivée par le constat sans appel issu des meilleures données scientifiques mondiales, que ce soit en sciences fondamentales, économiques, humaines et sociales, qu’il est urgent de stopper les projets industriels nuisibles à l’équilibre écologique mondial », peut-on lire dans la lettre.

Les rédacteurs, notamment des chercheurs et professeurs en sciences fondamentales, pointent également l’absence de gain économique à long terme.

« Bien que nous reconnaissions que des retombées économiques reliées à la phase de construction incluant la création d’emplois soient indéniables, nous sommes tout de même contre le projet puisque ces retombées seront de courte durée », écrivent les chercheurs, rappelant au passage la récente sortie des 40 experts en économie s’opposant au projet.

« Il ressort de ces observations que c’est un leurre de croire que de futures infrastructures de transport gazier serviront aux intérêts de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Notre région possède tous les atouts naturels, environnementaux, humains et économiques pour se placer en chef de file d’une transition socioécologique qui désormais n’est plus optionnelle », écrivent les professeurs, promettant du même souffle de leur temps pour contribuer à cette transition écologique et sociale.

Il faudra attendre quelques jours avant de connaître le nombre de signataires de cette lettre, laquelle sera éventuellement envoyée aux premiers ministres et députés, ainsi qu’à la mairesse de Saguenay. Au moment de mettre sous presse, plusieurs groupes n’avaient pas reçu l’invitation, dont les chargés de cours.

Ce sont les syndicats qui doivent relayer la missive à leurs membres. Une missive qui ne semble cependant pas faire l’unanimité. « Nous avons pris connaissance de la lettre aujourd’hui (lundi). Nous devons d’abord en parler en exécutif demain (mardi) avant de décider de l’envoyer. C’est un sujet qui peut être sensible », a laissé tomber le représentant des chargés de cours, Richard Perreault.

La lettre ne sera ni endossée ni contestée par la direction de l’UQAC. « On ne prend pas position. Les professeurs ont la liberté académique et on laisse les gens, les experts, exprimer toutes les opinions. Comme université, on veut que les gens soient éclairés et informés en se basant sur des faits scientifiques », répond Marie-Karlynn Laflamme, porte-parole de l’UQAC.

Invitée à commenter cette lettre, la direction de GNL a profité de l’occasion pour rappeler qu’une bonne partie de la population se montre en faveur du projet.

« Nous sommes en période de consultation. Les gens sentent le besoin de s’exprimer et c’est normal. Il ne faut jamais oublier que la médaille n’est jamais assez mince pour n’avoir qu’un seul côté. Nous sentons aussi de notre côté une vague d’appui de la population. La majorité silencieuse veut le projet. C’est un projet structurant pour la région et les gens doivent saisir l’opportunité », estime la directrice des affaires publiques et des relations avec la communauté, Stéphanie Fortin.

Cette dernière rappelle d’ailleurs que les gens seront invités à s’exprimer aux audiences du BAPE, attendues au mois de mars.

La lettre a été rédigée par Ian Segers, chargé de cours en éco-conseil, Olivier Riffon, professeur en éco-conseil, Sophie Del Fa, professeure en communication interculturelle, Romain Chesnaux, professeur en génie de l’environnement, Catherine Laprise, professeure en génétique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en environnement et génétique des troubles respiratoires et de l’allergie, et Jacinthe Dion, professeure en psychologie clinique et développementale.