Les embûches s’additionnent pour le centre multifonctionnel

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Les planètes devront s’aligner parfaitement pour que le projet de centre multifonctionnel au centre-ville de Chicoutimi franchisse les différentes étapes afin d’obtenir le feu vert des gouvernements fédéral et provincial en raison des critères particulièrement serrés du Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives et sportives (PAFIRS).

La Ville devait s’assurer d’obtenir le soutien de la ministre fédérale des Infrastructures, Catherine McKenna, pour contourner le critère 3.4, lequel écarte automatiquement tout projet d’aréna où jouerait un club professionnel ou une équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Voilà que le critère 37 constitue une autre difficulté à surmonter pour le projet de Saguenay puisqu’il précise qu’un projet soumis au PAFIRS ne pourra pas bénéficier d’aides financières provenant d’un autre programme gouvernemental, fédéral ou provincial.

Le projet de financement d’amphithéâtre déposé au PAFIRS, qui est évalué à 64 M$, repose sur cinq autres programmes gouvernementaux. Celui-ci comprend une subvention de 20 M$ du PAFIRS, 20 M$ répartis entre différents programmes gouvernementaux, dont certains provenant de la ministre responsable de la région, Andrée Laforest, et une dernière tranche de 15 M$ provenant de la Ville et du secteur privé.

« Lorsque nous avons donné le mandat à Étienne Jacques de préparer le montage financier, il a travaillé en étroite collaboration avec le bureau de la ministre et députée de Chicoutimi Andrée Laforest. Il a donc suivi exactement le chemin qui lui a été recommandé », affirme la mairesse de Saguenay, Josée Néron, qui croit toujours que Saguenay parviendra à faire tomber toutes les barrières.

La mairesse a fait valoir qu’il a été recommandé d’en arriver avec un projet « bloc par bloc ». Ainsi, certains éléments qui ne sont pas admissibles au PAFIRS pourraient bénéficier d’une aide financière provenant d’un autre programme. C’est le cas des équipements culturels, par exemple.

« Tout ce que nous avons fait, nous avons suivi exactement la démarche qui a été recommandée par le bureau de Mme Laforest. C’est évident que nous avons besoin de l’appui de notre députée pour le projet », répète la mairesse Néron, qui affirme que dans ce genre de dossier, rien n’est noir ou blanc, et qu’il y a des zones grises. La Ville doit donc expliquer aux gouvernements les particularités d’un projet comme celui au centre-ville de Chicoutimi.

À titre d’exemple, la mairesse cite le critère concernant la présence d’un club professionnel ou d’une équipe de la LHJMQ. Elle précise que celui-ci fait aussi état du principe que l’aréna sert à des activités commerciales, ce qui ne sera pas le cas à Chicoutimi.

Josée Néron ne cache pas qu’elle aurait préféré une solution différente pour le financement du projet. Elle a fait état d’une longue liste de projets réalisés au Québec au cours des dernières années qui ont obtenu des financements à la hauteur de 60 % du gouvernement du Québec par décret ministériel.

Si jamais le projet déposé au PAFIRS ne parvient pas à franchir toutes les étapes d’analyse dans les deux appareils gouvernementaux, Josée Néron entend demander au gouvernement du Québec une participation au même titre que les projets qui ont obtenu du financement par décret ministériel.