Les élus de Saguenay devront évaluer les options possibles pour absorber les impacts financiers de la crise sanitaire sur les finances de la Ville.
Les élus de Saguenay devront évaluer les options possibles pour absorber les impacts financiers de la crise sanitaire sur les finances de la Ville.

Les élus de Saguenay devront se prononcer sur les impacts financiers de la crise

Les conseillers de Saguenay devront décider dans les prochaines semaines comment la municipalité absorbera les impacts financiers de la crise sanitaire, eux qui ont maintenant en main une première estimation des effets de la COVID-19 sur les finances de la Ville.

Une évaluation des impacts de la crise sanitaire sur les revenus et les dépenses du budget 2020 a été transmise aux membres du conseil municipal la semaine dernière.

Une séance plénière devrait avoir lieu dans les deux prochaines semaines afin de permettre aux élus de discuter des solutions et options possibles, a indiqué Michel Potvin, président de la Commission des finances de Saguenay.

Le grand argentier de la municipalité préfère laisser le temps aux conseillers d’échanger avant de dévoiler publiquement le montant de cette première estimation des impacts de la crise. « Moi je fais comme une soupe : je les laisse mijoter, je les laisse réfléchir », a-t-il lancé mardi, en entrevue avec Le Quotidien.

Michel Potvin a lui-même quelques scénarios en tête qu’il compte chiffrer et présenter en séance plénière. Il espère également pouvoir compter sur les suggestions des conseillers municipaux d’expérience, qui pourraient avoir des idées sur la façon d’absorber l’augmentation des dépenses dans certains secteurs.

« Je ne veux pas leur imposer rien, je veux vraiment qu’ils voient, et qu’ils voient l’évidence. On ne peut pas ne rien faire, on ne peut pas rester neutre », a-t-il affirmé.

Les élus seront libres de leurs choix, a-t-il insisté, lui qui veut éviter que le scénario connu au mois de décembre ne se reproduise, alors que le budget 2020 avait été rejeté, avant que les élus n’adoptent un budget équilibré de 359,7 M$ le 30 décembre. « Plus que jamais, il faut travailler ensemble », a-t-il souligné.

Faire preuve de prudence

Sans vouloir s’avancer sur les options qui s’offrent à Saguenay, Michel Potvin assure toutefois que la Ville est capable de traverser 2020 dans l’état actuel de ses finances.

Michel Potvin, président de la Commission des finances de Saguenay

La municipalité dispose de réserves financières de 9,6 M$ qui pourraient servir à éponger l’augmentation des dépenses liées à la crise sanitaire. Il s’agit d’une option de dernier recours, toutefois, aux yeux du responsable des finances. Il préfère jouer de prudence en prévision de 2021, alors que les impacts de la crise dans les prochains mois et à long terme demeurent encore inconnus.

« Toucher à la réserve, c’est la dernière chose qu’il faut faire. Est-ce qu’on peut prendre des décisions avant – là on est au mois de juin – qui feraient en sorte de minimiser les coûts de la COVID? La réponse est oui », a-t-il partagé, en précisant que les dépenses pourraient être réduites dans certains secteurs pour arriver à un équilibre. Un tel exercice ne nécessite pas la production d’un budget révisé.

Rappelons qu’Alma, deuxième municipalité en importance au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a annoncé lundi qu’elle utiliserait le tiers de ses surplus budgétaires de 4,7 M$ pour éponger les impacts de la crise sanitaire.

+ MESURES D’AIDE GOUVERNEMENTALES

L’incertitude des mesures d’aide gouvernementales, dans certains dossiers comme celui des camps de jour municipaux, rend aussi difficile l’évaluation des impacts financiers de la crise sanitaire sur l’année financière 2020, a indiqué Michel Potvin.

L’annonce d’Ottawa, lundi, de l’accélération du transfert aux municipalités des sommes du Fonds de la taxe sur l’essence aura d’ailleurs peu d’impact sur les projets de Saguenay, souligne-t-il.

La municipalité recevra les 52 M$ prévus pour financer des projets d’infrastructure en juin, plutôt qu’en deux versements qui étaient attendus d’ici la fin de l’année.

Les projets financés ne pourront cependant pas être accélérés, précise Michel Potvin, en donnant l’exemple de la réfection de l’usine de filtration d’Arvida, dont Saguenay vient d’annoncer l’appel d’offres. « Elle ne se bâtira pas plus vite, il faut faire les plans », a-t-il soulevé, en précisant que ce projet financé par le fonds est évalué à 25 M$.