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Le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Daniel Gobeil, affirme que la situation est bonne en ce moment pour ses membres, mais qu’il y a des défis importants pour reprendre les parts de marché cédées par le gouvernement canadien dans les différentes ententes de libre-échange.
Le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Daniel Gobeil, affirme que la situation est bonne en ce moment pour ses membres, mais qu’il y a des défis importants pour reprendre les parts de marché cédées par le gouvernement canadien dans les différentes ententes de libre-échange.

Les effets de la pandémie, du passé chez les producteurs de lait

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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Les problèmes de détresse psychologique sont bien documentés chez les agriculteurs, et tout indique que la pandémie qui a forcé le confinement en plus des impacts sur l’industrie n’a pas aggravé une situation déjà précaire. Le président de la Fédération des producteurs de lait, Daniel Gobeil, note même des éléments positifs en ce moment.

Certains indicateurs sont même au vert pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean qui compose avec une diminution du nombre de fermes. Au cours du dernier mois, les producteurs ont acheté plus de quotas de lait que ce qui a été vendu à l’extérieur. Le solde de production laitière est donc passé au positif, ce qui indique que les producteurs sont confiants.

Daniel Gobeil a complété, au cours des derniers jours, une tournée régionale annuelle auprès des membres de la fédération. Cet exercice lui a permis de constater que l’état d’esprit de ses membres est bon. Il y avait tout de même certaines inquiétudes en raison du portrait global de l’état de santé mentale de ces travailleurs en situation normale.

« On sait bien que nos travailleurs de rang font du travail et qu’il y a des situations de détresse qui existent, mais pour nous, la pandémie n’a pas changé beaucoup la réalité du producteur agricole. Il est souvent isolé dans son entreprise. Les mesures de confinement n’ont donc pas modifié cette situation et ils ont continué à travailler comme d’habitude », explique le producteur.

Un secteur secoué

Le début de la pandémie avait tout de même secoué tout le secteur de la production laitière au Canada. Les producteurs ont même été dans l’obligation de se départir d’une certaine quantité de lait en raison des problèmes dans la chaîne de transformation et surtout de la transformation en temps réel des marchés en l’espace de quelques jours.

« Nous avons été dans l’obligation de diminuer la production globale pendant deux mois. Aujourd’hui, les inventaires dans des produits comme le beurre et le formage vieilli sont à des niveaux historiquement bas. » L’état des inventaires confirme, selon Daniel Gobeil, que la chaîne de distribution a été en mesure de s’adapter aux nouvelles réalités du marché.

« C’est vraiment positif comme situation en ce moment. Au départ, il y a eu des changements avec la fermeture des restaurants et des écoles. Les écoles ont recommencé et les gens ont cuisiné. Ils utilisent beaucoup de beurre et de crème. Nous avons ramené la production selon les quotas et la demande se maintient », précise le président de la fédération.

Toujours dans le cadre de cette tournée, le président de la fédération a présenté aux producteurs de lait les résultats sur la qualité du lait à la ferme. Il s’agit d’un élément central qui risque de revenir dans le discours des producteurs de lait au cours des prochains mois.

« On le sait que nous produisons au Québec et au Canada du lait de très bonne qualité, parmi les meilleurs. On le sait, mais on ne le dit pas assez et c’est ce que nous allons faire valoir », reprend Daniel Gobeil.

La qualité du lait produit à la ferme se mesure par la mastite et les bactéries détectées lors de l’analyse des échantillons prélevés dans chaque ferme lorsque les camions de transport procèdent à la collecte. Selon Daniel Gobeil, les deux éléments de mesure s’améliorent encore et c’est ce que démontrent les résultats présentés dans les dernières semaines.

UN TRAVAIL D’IMAGE

Les producteurs de lait ont quand même d’autres défis de taille à relever, malgré une certaine stabilité dans un contexte de pandémie. La décision de retenir les services de Laurent Duvernay-Tardif comme porte-parole officiel illustre bien cette volonté de faire du lait un produit de grande qualité auprès des jeunes en associant cette boisson à de saines habitudes de vie.

Les ententes de libre-échange conclues par le Canada, au cours des dernières années, ont fait perdre aux producteurs de lait canadien des parts de marché qui représentent un mois de production laitière dans le pays. Daniel Gobeil identifie certaines initiatives qui permettront de reprendre des parts de marché, dont le développement de boissons laitières protéinées ou de produits alimentaires, comme Nutrinor avec son riz au lait.