Commissaire de la Ligue nord-américaine de hockey, Richard Martel comprend les inquiétudes des dirigeants des équipes du circuit semi-pro quant à sa candidature sous la bannière conservatrice en vue des élections partielles dans Chicoutimi-Le Fjord.

Les dirigeants des Marquis mécontents

Le mécontentement gronde dans l’organisation des Marquis de Jonquière. Les dirigeants n’ont pas du tout aimé apprendre par l’entremise des médias que le commissaire de la Ligue nord-américaine de hockey, Richard Martel, voulait faire le saut en politique fédérale, alors que le circuit vient d’entreprendre un virage important, voire déterminant pour son avenir.

Joint mercredi, le copropriétaire des Marquis, Marc Boivin, a déploré que son ancien entraîneur-chef n’ait pas daigné aviser les propriétaires et gouverneurs du circuit de ses intentions, avant d’en faire l’annonce publique mercredi matin.

« Il va certainement falloir se parler. Je vois mal le gars qui prend la cause de la ligue vraiment à coeur, comme il dit, être en campagne électorale pendant cinq ou six semaines. Il va falloir qu’il nomme quelqu’un à sa place parce que son premier mandat est d’aller chercher de nouvelles franchises. Ça demande du temps et tu ne peux pas avoir la tête au hockey et aux élections, surtout que c’est un nouveau défi pour lui (commissaire de la LNAH). On n’attendra pas que le circuit Martel devienne le circuit mortel », image le coloré homme de hockey.

« Il va sûrement nous expliquer comment il pense faire les deux (LNAH et politique), mais on n’a pas encore d’explications puisqu’il ne nous a pas encore parlé », a ajouté Marc Boivin.

En poste en attendant la date de l’élection

Tant que la date de l’élection partielle fédérale dans Chicoutimi-Le Fjord ne sera pas annoncée et que la campagne ne sera pas enclenchée, Richard Martel restera à la barre de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) pour poursuivre le virage amorcé depuis son arrivée à la tête du circuit comme commissaire.

Le nouveau candidat du Parti conservateur a voulu se faire rassurant à l’issue de la conférence de presse confirmant qu’il se lançait dans l’arène politique en vue de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord .«Premièrement, je suis encore là, précise-t-il d’entrée de jeu. J’ai un peu moins de travail parce que j’ai délégué plus de responsabilités à Denis Leblanc (adjoint au commissaire), Jim Chandik (directeur des officiels) et Gilles Rousseau (directeur général).»

Le commissaire Martel est bien conscient que ce n’est pas la situation idéale pour la LNAH, mais il rappelle que l’opportunité s’est présentée et qu’avec la façon dont le Parti conservateur lui a ouvert les bras, il n’a pas eu d’autres choix que de réfléchir à l’offre. «J’ai eu une décision à prendre. Normalement, cette (situation) n’est pas supposée arriver parce qu’il s’agit d’une élection partielle. J’ai parlé à mes gens (du bureau de direction) comme quoi j’étais courtisé et ils ont eux aussi trouvé que c’était une belle opportunité. Mais pour l’instant, je suis toujours là», a souligné Richard Martel.

Le commissaire a indiqué qu’en attendant de connaître la date de l’élection, il allait travailler les dossiers pour que durant les cinq semaines de campagne, la gestion puisse se continuer. «On a ouvert certains dossiers qui sont à la table présentement et nous sommes en train de regarder tout ça. Comme j’ai dit, il y a beaucoup de choses que je suis en train de déléguer pour l’instant.» 

Richard Martel a d’ailleurs l’intention de réunir les propriétaires des équipes de la ligue «dans un avenir rapproché» pour discuter de la situation. À la veille de la pause des Fêtes, il n’avait pas de date précise en tête pour convoquer cette réunion.

Il a aussi précisé qu’il avait préféré ne pas aviser les propriétaires et gouverneurs de la ligue «pour ne pas ébruiter la nouvelle avant l’annonce officielle». Le commissaire Martel dit avoir reçu des courriels de propriétaires pour le questionner au sujet de ses intentions. «Sous toutes réserves, au début, ils semblaient capables de se passer de leur commissaire et là, on dirait qu’ils ont tous peur que le commissaire parte», mentionne-t-il sourire en coin, avant d’ajouter plus sérieusement qu’il «trouve ça correct que les gens s’informent de ce qui peut arriver pour la ligue».