Quelques dindons sauvages ont été aperçus au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les dindons sauvages pas ici naturellement

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a reçu un petit nombre de signalements de présence de dindons sauvages dans la région, mais tout indique qu’il s’agit d’oiseaux ayant échappé à leur enclos ou tout simplement introduits illégalement par des personnes qui ont décidé de les relâcher dans la nature.

Le biologiste responsable de la grande faune pour le ministère, Claude Dassault, explique que ces oiseaux de la famille des gallinacés ne devraient normalement pas se retrouver dans la région à l’état naturel. Le dindon sauvage est de plus en plus visible dans le sud de la province après des opérations de réintroduction, mais la région est beaucoup trop au nord de son aire de répartition naturelle.

« Les deux couloirs qui auraient pu permettre au dindon sauvage de déborder dans la région sont les axes du Parc des Laurentides et de la Mauricie via La Tuque. Le dindon sauvage est un oiseau qui marche beaucoup plus qu’il vole. Il est donc peu probable que le dindon sauvage soit parvenu à franchir ces distances », explique le biologiste.

Il est toutefois possible d’avoir des dindons sauvages en captivité. Par contre, la loi est formelle et il est interdit de procéder à l’introduction d’espèces, oiseaux, poissons ou mammifères en dehors de leur aire de répartition. Ce qui signifie qu’il est interdit de libérer volontairement des dindons sauvages au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans l’espoir qu’ils s’introduisent ici.

Le biologiste affirme d’autre part qu’il serait surprenant que cet oiseau parvienne à survivre aux hivers rigoureux.

« La loi a pour but de protéger la biodiversité régionale. On ne peut pas présumer des conséquences de l’introduction d’une espèce dans une région », ajoute le biologiste.

À titre d’exemple, le gouvernement a autorisé l’introduction du bœuf musqué dans le Nord-du-Québec.

Jusqu’à maintenant, selon les propos du responsable de la grande faune, aucun impact négatif n’a été constaté. Il est possible que le bœuf musqué occupe une niche écologique qui était disponible dans cette vaste région. On ne peut toutefois pas penser que le résultat serait le même avec toutes les espèces.