Alexis Brunelle-Duceppe
Alexis Brunelle-Duceppe

Les députés bloquistes à la défense des fonds de retraite de la région

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Le Bloc Québécois veut protéger le « bas de laine » des travailleurs. D’où le dépôt lundi d’un projet de loi visant à assurer leurs arrières et leurs fonds de retraite en cas de faillite de l’employeur. Les bloquistes, Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard compris, invitent les autres partis à joindre la cause au profit d’une adoption rapide.

Le député de Lac-Saint-Jean voit dans le projet de loi C-253 un premier pas vers une sécurité financière qui est due aux travailleurs de la région. Il demande aux gens de s’imaginer que ce soit leur oncle, leur mère ou leur frère, dont les fonds de pension disparaissent aux mains d’un employeur en faillite, après que ceux-ci y aient pourtant cotisé toute leur vie.

« Imaginez un instant le désespoir ressenti. En cas de faillite d’entreprise, c’est simple : le vrai monde doit passer avant les banques et les municipalités à titre de premier créancier », lance Alexis Brunelle-Duceppe.

Mario Simard, député de Jonquière, ne trouve d’autre qualificatif que celui de « vol » pour décrire cette pratique. Comme son homologue, il espère que les autres partis sauront mettre leur partisannerie de côté pour appuyer le projet.

« Comment, en tant que parlementaires élus par ces mêmes travailleurs, peut-on laisser aller une telle injustice ? C’est un véritable scandale qui brise des vies », affirme-t-il.

La volonté de modifier la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) et la Loi sur les faillites et l’insolvabilité (LFI) ne date pas d’hier au sein du Bloc Québécois. Mais bien de 2015, rappelle le parti, alors que les employés retraités de Cliffs Natural Resources avaient perdu une grande partie de leur fonds de pension et de leurs assurances collectives.

Le projet de loi déposé en réponse à cet évènement par la députée de Manicouagan, deux ans plus tard, était toutefois « mort au feuilleton » à la suite du déclenchement des élections.

Le projet trouve écho chez les Métallos

Le Syndicat des Métallos n’a pas mis de temps à appuyer le projet de loi, mardi, lui qui souligne mener depuis cinq ans une « croisade » pour la modification des deux lois concernées (LACC et LFI).

Ottawa serait d’ailleurs bien au fait de cette « revendication historique du mouvement syndical ».

« Tous les élus sur la colline du Parlement ont entendu parler de cette problématique. Ne rien faire, ce serait de l’aveuglement volontaire. Les politiciens doivent à un certain moment mettre leur pied à terre. Des entreprises, souvent multinationales, ne financent pas suffisamment leurs régimes de retraite et au moment d’une faillite, parfois aux allures douteuses, les financiers récupèrent leur mise au détriment de ceux et celles qui ont des bouches à nourrir et des médicaments à payer », plaide Nicolas Lapierre, coordonnateur des Métallos pour la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.